La pêche à la Martinique

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La pêche à la Martinique se pratique essentiellement de façon artisanale . Plusieurs techniques, dont certaines sont héritées des indiens Caraïbes se sont développées sur un plateau continental étroit : la pêche à la senne depuis une plage, la pêche  le long des côtes à la nasse ou à la ligne et la pêche au large, au delà de visibilité des côtes,  appelée "pêche à Miquelon".

La pêche à la senne : Elle se pratique depuis la plage avec un filet d'une longueur qui varie entre 200 et 600 mètres. Elle peut mobiliser une vingtaine de personnes ainsi que plusieurs embarcations. Une fois déployée en arc de cercle, les tireurs sont chargés de haler la senne à terre. Cette opération est dirigée par le maître senneur depuis une embarcation, Des plongeurs en apnée sont chargés d'éviter son accrochage au fond. Cette technique de pêche est en recul sensible et ne se pratique plus que sur quelques plages comme par exemple celles de Bellefontaine, de l'Anse Dufour et des Raisiniers à Trinité.

Tous les jours sauf le week-end, la senne est tirée sur la plage de l'Anse Dufour. Le maigre butin composé de maquereaux, coulirous, balaous, cha-cha est partagé entre le patron, une part, l'équipage, une part et les tireurs, la troisième part.
Balaou Tcha-tcha ou chinchard Bonite Coulirou

La pêche à la nasse : La nasse est un casier de forme variée constitué aujourd'hui d'une armature en bois ou en fer à béton et d'un treillis en grillage métallique.  Elle était dans le temps réalisée en bambou. Lestée de pierres, elle est appâtée en général de poisson ou de chair de noix de coco et immergée à une profondeur de 10 à 30 mètres pendant une durée de quatre semaines. Repérée à l'aide de bouée (bouteilles plastique), elle est ensuite remontée sur l'embarcation (yole) avec ses prisonniers : poissons des coraux , demoiselle, chirurgien, sarde, mombin, murène, chatrou, tourteau, langouste, ...
Demoiselle rayée Mombin Chirurgien
Langouste Chatrou (pieuvre) Murènes prises dans un casier
D'autres types de filet sont utilisés, à partir d'une yole :
le filet maillant encerclant ( 65 à 2000 mètres)
Le filet maillant dérivant de surface  (150 à 1000 mètres) utilisé pour capturer les poissons volants
Le filet maillant calé sur le fond (150 à 1000 mètres) pour la pêche au mulet, poisson perroquet, carangue, bonite, gorette, rouget, sarde, chirurgien, ...
Carangue Raies Sarde
Perroquets Bonites Thons
Les palangres et les lignes 
Palangre de fond : ligne à un ou plusieurs hameçons tenue à la main et déployée à différentes profondeurs pour pêcher sardes, carangues, thazards, murènes,  raies, requins, vivaneaux, mérous
Palangre dérivante: ligne de différentes longueurs fixée à un ou plusieurs flotteurs ou bidons et comportant un à plusieurs hameçons. La longueur ,le diamètre de la ligne et le nombre d'hameçons varie en fonction des espèces recherchés qui vont de l'orphie à l'espadon, en passant par  le requin, le barracuda et le thon.
La ligne à la traîne de surface pour les daurades ou de profondeur pour le thon, le barracuda, le thazard ou le requin.
Thazards Daurades coryphènes Espadon
La flottille de pêche est une flottille artisanale composée essentiellement de yoles en résine armée ou en plastique  et équipées de moteurs hors bord. Ces embarcations  sont utilisées pour la pêche côtière mais aussi pour la pêche à "Miquelon". Elles sont au nombre de 1200 environ dont moins d'une dizaine dépassent les 10 mètres. La population maritime est d'environ 2500 personnes dont 950 marins pêcheurs enrôlés.
Comme les yoles en bois, l'autre embarcation de l'île, le gommier  traditionnel est en voie de disparition
La pêche des poissons pélagiques qui représente 60% de la production reste soumise à une forte variabilité des captures. Son exploitation rationnelle peut se développer par la mise en place de Dispositifs de Concentration de Poissons (DCP) sur la bande côtière. Les DCP sont  constitués de bâches flottant en deux eaux et sont lesquelles viennent se réfugier les poissons pélagiques. Une quinzaine de DCP sont installés actuellement et leur nombre devrait augmenter.
Les Martiniquais font partie des plus gros consommateurs de poissons du monde avec 48,7 kg/habitant/an. Pour cause d'appauvrissement des ressources, de conditions météorologiques difficiles (houles) et de structures artisanales, la production locale ne peut assurer un approvisionnement régulier et suffisant. Les poissonniers et grandes surfaces préfèrent alors se tourner vers les poissons d'importation débarqués par les pêcheurs du Venezuela et des îles du Sud  vendus à un coût plus faible. Ces importations sont sources de conflits avec les pêcheurs martiniquais. 
L'aquaculture tente de se développer en Martinique. C'est ainsi qu'il existe une petite production de loups des caraïbes. Mais les Martiniquais semblent bouder les produits issus de cette activité

dessin de Pancho
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