Ecosystèmes côtiers de la Martinique

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La mer des Caraïbes est caractérisée par un nombre important d'espèces endémiques, c'est à dire qui n'existent que dans cette zone. En effet, la fermeture de l'isthme du Panama, il y a 3,5 millions d'années l'a isolée et a rendu impossible tout échange génétique avec les populations de l'Océan Pacifique. De nombreuses espèces se sont donc différenciées suite à cet isolement géographique.  Cette caractéristique confère aux récifs de la Caraïbe une grande valeur écologique. 

Les côtes de la Martinique sont bordées par trois écosystèmes : les mangroves, les herbiers et les récifs de corail. Ils forment l'un des ensembles le plus riche et le plus productif du monde. Ces trois écosystèmes sont en relation continuelle et sont utiles les uns aux autres. La mangrove et l'herbier protègent le récif corallien en retenant les sédiments et en épurant l'eau. En contre partie, les récifs coralliens protègent mangroves et herbiers en atténuant la force des vagues.

Les récifs coralliens sont utiles car ils apportent de la nourriture et servent d'habitats aux poissons et à tous les organismes qui y vivent. Les abîmer en perturbe le fonctionnement et diminue la biodiversité de cet écosystème. Ils protègent les côtes de l'action destructrice des vagues en période cycloniques mais aussi de l'action érosive de la houle.

Le corail est exigeant. Il se développe dans des eaux entre 25 et 29 ° C, salées, claires, lumineuses et riches en oxygène. Plus qu'ailleurs dans le monde, les récifs coralliens de la Martinique sont menacés de disparition. Aux destructions naturelles telles les cyclones, s'ajoutent les dommages liés à l'activité humaine : pollutions agricoles (engrais, pesticides, élevage), pollutions industrielles (hydrocarbures, métaux lourds, vinasses des distilleries), pollutions domestiques (eaux usées, déchets). L'arrivée massive de particules solides en provenance des rivières en saison cyclonique provoque une forte sédimentation qui entraînent la mort du corail. La pêche intensive des espèces brouteuses d'algues (poissons chirurgiens, poisons perroquets, oursins) accélère le développement des algues au détriment du corail.
De façon préoccupante et sans doute à cause des agressions toujours plus nombreuses dont ils sont victimes, les coraux semblent aujourd'hui plus sensibles aux maladies. La principale est la mort blanche, maladie associée à un stress thermique, et sans doute provoquée par le réchauffement du climat de la planète. Si rien n'est fait pour protéger les coraux, la perte sera énorme en tant que bio diversité (recherche scientifique, produits pharmaceutiques,...) mais aussi sur le plan économique  (pêche, tourisme,...). Le touriste et le plongeur ont un rôle important à jouer dans cette préservation: le touriste  en choisissant sa destination (pays sensibilisés à ce problème), en n'achetant pas de souvenirs marins, le plongeur en étant maître de sa flottabilité, en mouillant le bateau ailleurs que sur le récif,... 
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