Climat et cyclones
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Le climat de la Martinique est de type tropical maritime. Il comprend deux grandes saisons : le carême et l'hivernage. Les températures ne descendent que très rarement en dessous de  20°.  Autrefois bien établies, ces périodes subissent comme partout ailleurs sur la planète de bizarres décalages. Le climat est directement réglé par les positions de l'anticyclones des Açores qui dirige l'alizé de Nord-Est et de la zone de basses pressions équatoriales où les alizés de l'hémisphère Nord rencontrent ceux de l'hémisphère Sud, le long de la zone inter-tropicale de convergence (ZIC). Du fait de son relief, la Martinique est divisée en deux zones climatiques : le Sud, peu accidentée, relativement sec, très ensoleillé, le Nord, montagneux et pluvieux à l'exception d'une étroite bande côtière sous le vent. 
Le carême : La saison sèche ou carême commence en principe , à la fin du mois de novembre et se termine dans le courant du mois de juin. L'anticyclone des Açores se déplace vers le Sud. C'est la période la plus agréable car à cette époque la température s'élève à 27 ° C en moyenne, mais reste supportable en raison du souffle rafraîchissant des alizés francs et réguliers qui viennent de l'Atlantique  (Est à Nord-est). Pendant le carême, les pluies sont rares et quelques grains ou orages peuvent se produire surtout à partir du mois de mai. Une courte période de carême a lieu, en pleine saison des pluies, fin septembre et début octobre. L'hivernage : L'hivernage ou saison des pluies s'étend de la mi-juin au mois de novembre. L'anticyclone des Açores remonte vers le Nord, dirigeant vers la Martinique un courant d'alizés irrégulier, plus faibles et surtout plus humides. Le plus souvent les pluies tombent avec violence pendant une heure ou deux. La température avoisine les 25° C et il fait très humide. Des ondes tropicales peuvent alors se former dans ce  courant d'alizé humide, en liaison avec la proximité de la ZIC. C'est pendant cette période que les cyclones et tempêtes tropicales  traversent la zone. Avec le réchauffement des couches superficielles de l'océan, certaines pourront se développer et s'organiser en dépression, tempête tropicale ou cyclone,  Les cyclones : A la Martinique, la saison cyclonique dure de juin à novembre et atteint son intensité maximale en août et septembre. Un cyclone est une perturbation tropicale tourbillonnaire.  Cyclone est un terme générique, dans la zone caraïbe, on le décline suivant l'intensité des vents maximums générés en dépression tropicale, tempête tropicale ou ouragan. Les cyclones sont classées en 5 catégories sur l'échelle Saffir-Simpson. Pour la zone des Caraïbes, c'est le national Hurricane Center de Miami qui les baptise. Les prénoms sont alternativement masculins et féminins. Les autorités responsables diffusent des messages par radio lors de leur passage. La Martinique n'a plus été frappée depuis 1979. Edouard (1996)  ( Météo France)
(Photos Météo France) Georges 1998 Andrew 1992
Les cyclones de l'Atlantique Nord proviennent souvent d'ondes tropicales ou de lignes de grains issus d'Afrique. Les perturbations qui intéressent les Antilles se forment généralement au sud  des îles du Cap Vert.  Plusieurs facteurs entraîne la naissance d'un cyclone. D''abord, par réchauffement, l'eau des océans s'évapore (température supérieure à 26° sur 60 m de profondeur) et se condense en altitude en nuages orageux. Une grande quantité d'énergie est alors disponible. Ensuite un vent d'altitude assez faible, qui évite à cette énergie de se diffuser dans un trop grand domaine. Enfin, une latitude supérieure à 5°, car pour des raisons physiques, c'est à partir de cette latitude là seulement que le mouvement tourbillonnaire peut s'amorcer.
Classification : Si le vent généré par le phénomène ne dépasse pas 63 km/h, on parle de Dépression Tropicale. Celle-ci  est numérotée  (numéro 1 pour la première de la saison). Si les vents soutenus les plus forts sont compris entre 63 et 117 km/h, on parle de Tempête Tropicale qui se voit attribuer un prénom. Au dessus de 117 km/h. on a affaire à un Ouragan. Pour la catégorie Ouragan, la classification de référence est celle de Saffir-Simpson, qui comporte 5 catégories :

classe 1 : vents maximums compris entre 118 et 153 km/h ,

classe 2 : vents maximums compris entre 154 et 177 km/h ,

classe 3 : vents maximums compris entre 178 et 209 km/h ,

classe 4 : vents maximums compris entre 210 et 249 km/h ,

classe 5 : vents maximums dépassant 249 km/h, c'est la catégorie des super-cyclones.

(Photos Météo France) Luis 1995 Hugo 1989

L'œil du cyclone :  Ce cœur du système est un cœur chaud (sur plusieurs centaines voire milliers de mètres, en tous cas plus chaud que l'air environnant).C'est au niveau de ce centre que la pression atmosphérique est la plus basse. Au stade de tempête tropicale, ce centre est noyé au milieu des nuages de type Cumulonimbus, à fort potentiel précipitant et orageux. Il est parfois difficilement discernable. Au stade d'ouragan, ce centre est plus net et il apparaît alors souvent sous forme d'" oeil " de petite dimension, souvent de l'ordre de 20 à 40 km  Cette zone est dépourvue de nuages ce qui permet de la distinguer sur les images satellitaires. Il y règne un calme apparent : pas de pluie, vent faible. C'est dans l'anneau entourant l'œil que le cyclone montre ses aspects les plus dangereux et les plus dévastateurs : vents et pluies mais aussi marée cyclonique et houle.

En 1989, lors du passage d' HUGO  sur la Grande-Terre de Guadeloupe, d'un seul coup, tout s'est calmé ; la lune est apparue dans un halo de nuages fins de haute altitude, un zéphyr soufflait faiblement ... Et puis 30 minutes plus tard, le vent dévastateur a repris brusquement, l'oeil était passé et le mur qui l'entourait arrivait avec son cortège de pluies diluviennes, de vents violents ..

PLAN D'ALERTE
En Martinique, ce Plan s’est progressivement nourri durant la dernière décennie des expériences de HUGO en 1989, puis de CINDY 93, DEBBY 94, IRIS, LUIS et MARILYN .

Phase de VIGILANCE

Lorsqu’une perturbation cyclonique peut représenter une menace pour le territoire, le service météorologique informe les autorités administratives qui peuvent décider d’une mise en garde administrative,  appelée  VIGILANCE.  En MARTINIQUE, cette mise en garde n’est diffusée que de manière restreinte aux différents chefs de service opérationnels (DDE, Sécurité Civile, service de secours, CHU, ...) et aux maires des communes notamment. L'information du public et des médias se fait par le biais des bulletins météorologiques. Cette mise en garde  informe de la présence d'une perturbation cyclonique qui peut intéresser le territoire sous forme de tempête tropicale ou d’ouragan dans les 48 heures à venir. Si cette menace survient juste avant un week-end ou un jour férié, cette information pourra intervenir jusqu’à 72 heures avant. Le cyclone est encore très éloigné, souvent à plus de 1000, voire 1500 km de l’île. L’imprécision sur sa trajectoire future est grande, et le risque de le voir intéresser directement le territoire encore très faible. Aussi, les actions de la population restent limitées ; les décideurs en revanche commencent à se préparer, notamment en prévoyant la mise en place de cellules de crise et la mobilisation du personnel en astreinte, au cas où cette menace serait confirmée par la suite. 

PRE-ALERTE " PREPAREZ-VOUS "

Si cette menace cyclonique éloignée se rapproche, et que le phénomène est prévu sévir sur l’île dans les 24 à 36 heures avant le passage d'une tempête tropicale ou d’un ouragan, le Préfet peut décider, après avis et expertise du service météorologique, de déclencher le plan spécialisé urgence cyclone, dont la véritable première phase opérationnelle est  appelée PRE-ALERTE. Le message approprié dit en substance : "  Attention ! Une tempête tropicale ou un ouragan peut sévir sur le département dans moins de xx heures  " Lors de la présence d'un phénomène en formation à proximité des îles ou à trajectoire difficilement prévisible, il se peut qu’on ne puisse disposer de 36 heures avant son arrivée. Dans ce cas, la phase de pré-alerte sera déclenchée dès que possible pour permettre à la population de se préparer, parfois 12 à 24 heures seulement avant l’arrivée prévue du cyclone. Si la perturbation régresse, ou s’éloigne sans avoir touché le territoire, et donc sans y avoir causé de dommages, les autorités préfectorales peuvent décider de lever la PRE-ALERTE. Le message suivant est alors émis et diffusé largement :"  FIN de PRE-ALERTE : l’alerte est levée  " 

ALERTE " TOUS AUX ABRIS "

Lorsque les conditions cycloniques, début des effets directs dangereux, sont prévues de sévir sur l’île dans les quelques heures à venir, en général 6 à 8 heures, que ce soit une tempête tropicale ou un ouragan, le Préfet peut décider, selon l’expertise du service météorologique, de déclencher la phase suivante du plan spécialisé appelée ALERTE. Le message approprié dit en substance :"  Attention ! Une tempête tropicale ou un ouragan est proche et se dirige vers le département. Rejoignez les habitations et les abris immédiatement ". A ce stade de la menace, l’arrivée des premiers effets du cyclone étant proche, la prévision de trajectoire est généralement bonne , avec une erreur moyenne de 50 à 100 km. Le déclenchement de cette alerte se fait donc avec de très fortes probabilités de voir le cyclone sévir vraiment sur le territoire,  même si on ne sait encore à ce moment-là avec exactitude l’impact réel. Comme dans le cas de la pré-alerte, même si cela n’arrive qu’exceptionnellement, si la perturbation régresse ou s’éloigne sans avoir causé de dommages, les autorités préfectorales peuvent décider de lever l’alerte. Le message suivant est alors émis et diffusé largement : "  FIN d’ALERTE : l’alerte est levée  "

ARRIVEE du CYCLONE sur le TERRITOIRE " NE SORTEZ PAS "

 L'imminence du phénomène (dans les 2 heures) nécessite un message spécial ou un stade à part entière informant la population de la gravité de la situation. A partir de 1999, le passage effectif du cyclone sur le territoire est précédé par une information différenciée - dans la forme pas dans le fond - selon les départements. En MARTINIQUE, c’est une 3ème phase d’alerte dénommée CONFIRMATION du PASSAGE. Les bulletins et messages explicitent alors de façon formelle les risques encourus, les effets attendus, les régions les plus exposées. Un message du type suivant pourra alors être émis : "  Attention ! Les premiers effets de la tempête tropicale(ou de l’ouragan) vont commencer à être ressentis sur le département. Confinement immédiat et impératif de toute la population (en cas d’ouragan). Circulation interdite  " 

PHASE de MISE en ŒUVRE des SECOURS

Si la perturbation a été ressentie et a causé des dommages, on arrive au stade de l’application du plan ORSEC proprement dit. Dès que les conditions météorologiques deviennent plus " maniables ", une certaine amélioration étant constatée, et ce, de façon irréversible, l’autorité préfectorale décide du déclenchement de la phase finale du plan. La diffusion de messages à la population ne se fait que lorsque les équipes sont sur le terrain et que les premiers secours ont pu s’organiser sans être gênés dans leurs manœuvres. Ces messages sont alors du type : "  La menace directe sur le département s’éloigne, mais subsistent encore des risques de rafales de vent, de débordements de cours d’eau ainsi qu’une forte houle pouvant encore occasionner des dégâts importants. Les moyens de secours sont d’ores et déjà mis en œuvre. La population est invitée à la prudence extrême et à ne sortir qu’à proximité immédiate des abris ou des habitations en prenant toutes précautions aux abords des rivages, des cours d’eaux et dans les endroits accidentés à forte pente, siège d’éboulements possibles ou de glissements de terrain ". 

FIN d’ALERTE

Enfin, lorsque le cyclone s’est suffisamment éloigné, les conditions atmosphériques redevenues plus calmes, le Préfet peut décider de lever les consignes du Plan Spécialisé. En général, il attendra que les premiers secours, déblaiements d’accès et autres actions urgentes post-cycloniques soient effectués pour diffuser une fin d’alerte générale qui correspond à une reprise de l’activité du département. "  FIN d’ALERTE CYCLONIQUE : l’alerte est levée  ". Cette phase atteinte, la population peut circuler librement mais est invitée à rester prudente, à participer aux opérations de nettoyage, au recensement des dommages, aux éventuelles aides humanitaires, etc...

Les consignes aux populations

Dès le début de la saison cyclonique (juin)

Nettoyez les ravines proches de la maison (pour une bonne évacuation des pluies) et élaguez les arbres voisins. Rangez dans un abri les tôles, planches qui pourraient s’avérer des projectiles dangereux lors de vents forts.
Consolidez la maison au niveau de ses issues (portes et fenêtres). Vérifiez et consolidez le cas échéant la toiture. Veillez au bon entretien du système d’évacuation des eaux pluviales (chenaux, gouttières, ...).
Constituez et stockez, en lieu sûr, une réserve alimentaire raisonnable de longue conservation : riz, haricots, conserves, sucre, huile, lait en poudre ou stérilisé, biscuits, ... Prévoyez une réserve d’eau potable en quantité suffisante pour la famille pour plusieurs jours (au moins 10 litres par personne).
Stockez en un lieu défini et accessible les équipements et outils susceptibles d’être utilisés après un cyclone : hache, scie, clous, marteaux, bâches, contre-plaqués, bidons plastique de type jerrycan, serpillières, seaux, ... ainsi que de l’eau de javel.
Disposez en un lieu facile d’accès et connu de tous, d’une trousse de premier secours : pansements, alcool à 70 ou 90°, mercryl, coton hydrophile, compresses, sparadrap, ...
Prévoyez un poste de radio portatif avec réserves de piles, ainsi que des moyens d’éclairage de secours : lampes électriques avec réserves de piles, bougies, lampes à gaz ou à pétrole avec allumettes, voire groupe électrogène avec réserve de carburant.
Assurez-vous que vous et votre entourage connaissez les consignes de sécurité, que vos vaccinations contre le tétanos et la polio sont à jour.