Le Robert

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Le Robert est situé sur le littoral Atlantique, entre les communes du François, au sud et de Trinité , au nord. Sa population composée d'environ 23100 Robertins, répartie sur  4487 hectares en fait la 3ème commune de la Martinique. Au début de la colonisation, le quartier du Cul de Sac Robert  dépend de la paroisse de Trinité. C'est le Père Labat qui y fonda une paroisse en 1694.  L'origine du nom actuel est incertaine. Il viendrait du Sieur Robert qui habitait l'endroit en cul de sac. Sa situation géographique a mêlé Le Robert à plusieurs événements historiques.  En 1793, l'armée des royalistes, menée par Godin de Soter fut vaincue au quartier Vert Pré par Rochambeau. C'est dans sa baie que débarquèrent, le 30 janvier 1809, 12000 soldats anglais conduits par l'amiral Cochrane dans le cadre d'une vaste offensive qui déboucha sur l'occupation de l'île jusqu'en 1815. Également marquée par les désastres naturel, entre autres cyclones, tremblements de terre ou incendies, la commune, forte d'un passé agricole et sucrier se tourne désormais, après la fermeture de l'usine centrale du Robert en 1964, vers le tourisme. Le Robert a de tous temps cherché à jouer un rôle économique déterminant en ouvrant une porte sur l'Atlantique. Le parc d'activités industrielles er artisanales, installé à Four à Chaux a fortement influencé le développement d'entreprises du secteur de l'ameublement, de l'agroalimentaire et du bâtiment.  Le schéma d'aménagement régional à l'horizon 2015 y a prévu l'aménagement d'un nouveau port.
D'abord construite en bois, la mairie du Robert devient vite trop petite. Lucien Belus, maire pendant 54 ans, fait rebâtir l'édifice à ses frais en 1933 par l'entreprise Guilloude. 

Le monument aux morts près de cimetière et de l'église

Érigée dans un premier temps sur la place de l'église, la fontaine datant de la fin du XIXème siècle à été déplacée en bord de mer.

Une des nombreuses cases du bourg

Au cœur de la ville, le marché couvert propose les produits du terroir : igames, choux de chine, fruits, piments et autres épices

Le Père Labat est  au Cul-de Sac Robert pour y établir une paroisse : "Je reçus le dimanche matin vingt neuf août, une lettre de M l'intendant qui me priait d'aller au cul-de-sac Robert avec le P. Martelli et M. Joyeux, capitaine de cavalerie pour chercher un lieu commode pour bâtir une église et un presbytère, et pour placer un bourg dans ce quartier-là.

Le grand enfoncement, ou baie, qu'on appelle le cul-de-sac Robert a près de deux lieues de profondeur; il est formé par deux pointes, ou caps, dont celle qui est à l'est s'appelle la pointe à la Rose et celle de l'ouest la pointe des Galions. Son ouverture est couverte par un îlet d'environ une lieue de tour, qui appartient à notre mission, à qui il a été donné par les héritiers de feu M. le général du Parquet, ci-devant propriétaire de la Martinique. Ce cul-de-sac est un port naturel des plus beaux qu'on se puisse imaginer, capable de retirer une armée navale, quelque nombreuse qu'elle puisse être, si commodément, que les plus gros vaisseaux peuvent mouiller en bien des endroits assez près de terre pour y mettre une planche. Nous visitâmes tous les environs de ce cul-de-sac pour fixer le lieu le plus propre pour l'établissement de la paroisse et d'un bourg, qui ne manquerait pas de s'y former. On peut croire qu'il ne manqua pas d'y avoir beaucoup de contestations: tous les habitants souhaitaient d'avoir une église et un curé résident, mais le voisinage d'un bourg les épouvantait, et ils avaient raison, car il en coûte toujours beaucoup à ceux dont les habitations sont à portée d'un bourg et de ceux qui s'y assemblent.Malgré tout ce qu'on nous put dire, notre sentiment fut de placer l'église et le presbytère sur une pointe, du côté de l'ouest, qui avançait assez dans la mer pour découvrir tout le cul-de-sac; il y avait une petite rivière à côté, le terrain était couvert, exposé au vent, et par conséquent plus sain que le reste; d'ailleurs il était exempt des moustiques et des maringoins qui sont en très grand nombre et fort incommodes dans tous ces endroits-là. Cette pointe faisait partie de l'habitation de M. Février, alors greffier en chef du conseil souverain. Comme il était ami intime de notre mission, j'étais fâché de le charger d'un pareil embarras, et il l'était encore plus que moi. Je fis en sorte qu'on remît la délibération au lendemain, et pendant ce délai il nous conduisit dans un endroit plus spacieux que sa pointe, et où l'on pouvait placer un bourg plus aisément, mais qui à la vérité était moins commode pour le curé. Nous y fixâmes le nouvel établissement; cet endroit était à l'extrémité de la savane de M. Monel, conseiller honoraire au conseil.

Église Sainte Rose de Lima  : Lorsque le père Labat vient prospecter le lieu favorable à l'établissement d'une paroisse, il existe déjà une chapelle dédiée à sainte Rose de Lima. Le sanctuaire est remplacé, dès 1743, par une église, détruite par un cyclone en 1813, et reconstruite en 1824. Le tremblement de terre de 1839, qui ravage Fort-de-France, la lézarde entièrement et le clocher est considérablement endommagé. Relevée et élargie d'une nef latérale en 1842, elle subit de nouveaux dégâts lors du cyclone de 1891, qui la renverse. La municipalité de M. Bélus répare l'édifice l'année suivante. Reconstruite avec une seconde nef en 1898, l'église paroissiale est dévastée en 1981 par un incendie, qui ravage la toiture et le clocher, refaits respectivement l'année suivante et en 1986.
Sainte Rose de Lima (1587-1617) : Sainte Rose s'appelait Isabelle Floret. Née à Lima (Pérou) en 1587, elle aurait été surnommée Rose à cause de la fraîcheur de son teint. Elle manifeste dès son enfance une grande dévotion religieuse et entre à vingt ans au tiers ordre de Saint-Dominique, menant une vie quasi monastique malgré la désapprobation familiale et les calomnies dont elle est accablée. Elle meurt à 30 ans, le 24 août 1617, après une longue maladie supportée avec patience. Le pape Clément X la canonise en 1671, et la donne pour patronne à l'Amérique du Sud, dont elle est la première sainte. Déjà vénérée dans le Cul-deSac-Robert avant même la création de la paroisse, elle devient la patronne de celle-ci à sa création.
LA SULTANE VALIDE : C'est à l'Habitation Marlet que naquit en 1766, Aimée Dubuc de Rivery, une des cousines de l'Impératrice Joséphine. Son histoire a donné lieu à un récit entre vérité et légende. Envoyée en France pour y recevoir une éducation digne de son rang, elle passa plusieurs années, à Nantes, dans la maison des Dames de la Visitation. En 1784, à l'age de dix-huit ans, elle fut rappelée par sa famille et embarqua pour la Martinique. Le navire, atteint d'une voie d'eau fut secouru par un bâtiment espagnol qui recueillit l'équipage et les passagers. Au moment d'atteindre sa destination, l'Espagnol fut attaqué et capturé par un corsaire algérien. Aimée Dubuc de Rivery, fut conduite à Alger. Le dey de cette régence, frappé par sa beauté, fit présent de la jeune fille à son maître le Grand Turc, Selim III. Envoyée à Constantinople dans le harem de ce dernier, elle en devint la favorite. Son fils, né en 1785, accéda à la tête de l'empire Ottoman en 1806 sous le nom de Mahmoud II et elle devint alors sultane validé .
Le Père LABAT s'échoue à la Pointe La Rose et rencontre un Caraïbe du même nom : "Quand nous fûmes aux trois quarts du cul-de-sac Robert, nous fûmes surpris d'un coup de vent d'ouest si violent que si nous n'eussions trouvé la pointe à la Rose pour nous mettre à couvert, je ne sais ce qui serait arrivé de notre canot et de ceux qui étaient dedans. Cette pointe à la Rose est un cap qui forme le côté oriental du cul-de-sac Robert. "
"Un Caraïbe qui y demeure en a pris le nom, ou lui a donné le sien; je ne sais pas lequel des deux. Mais ce que je sais très bien, c'est que cette pointe nous fut d'un grand secours; nous y échouâmes notre canot et, pendant que les nègres le déchargeaient pour le tirer plus haut, nous entrâmes dans le carbet du sieur La Rose. A la peur près, je ne fus pas trop fâché de cette aventure, qui me donnait le moyen de voir les Caraïbes dans leurs maisons après les avoir vus dans leurs pirogues. Le Caraïbe La Rose est chrétien, aussi bien que sa femme et dix ou douze enfants qu'il a eus d'elle et de quelques autres qu'il avait avant d'être baptisé. Il nous reçut fort civilement; il avait un caleçon de toile sur un habit d'écarlate tout neuf de pied en cap, c'est à-dire qu'il venait d'être rocoué. Sa femme avait un pagne autour des reins qui lui descendait jusqu'à mi-jambe. Nous vîmes deux de ses filles de quinze à seize ans qui n'avaient que les anciens habits de la nation quand nous parûmes, c'est-à-dire le camisa, les brodequins et les bracelets; mais un moment après elles se firent voir avec des pagnes."

Hameau le plus important du Robert, Le Vert Pré est situé à 4 km du bourg et à 300 m d'altitude. La vue y est splendide et le climat sain. L'endroit est une région agricole fertile.
Monuments du Vert Pré
Buste du Général de Gaulle inauguré le 25 juin 1978.
Trois hommes sont à l'origine de l'édification de l'église Sainte Jeanne d'Arc du Vert Pré dont la construction s'acheva en 1934 : MM Leray, Maignan, Morinière. 

Les nombreuses embarcations disposées le long du front de mer rappellent que la pêche artisanale constitue une activité économique importante dans la commune. Une cinquantaine de patrons de pêche y sont répertoriés.  Bons marins, ces pêcheurs peuvent monter toute leur dextérité lors des courses de yoles organisées tout au long de l'année à travers la Martinique avec comme point fort le "Tour de la Martinique des Yoles rondes". Deux organismes de recherches et de développement se sont installés dans cette région à vocation maritime : l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer (IFREMER) et l'Association de Développement de l'Aquaculture en Martinique (ADAM). 

Le 8 mai1902, faute de place en rade de Saint Pierre, le Belém, vînt mouiller dans le Havre du Robert. Il échappa ainsi à l'éruption de la Montagne Pelée, contrairement à d'autres navires comme le Tamaya. Les pêcheurs complètent leurs revenus en proposant des excursions aux touristes à bord de leurs yoles. La visite des îlets connaît un gros succès. L'îlet Chancel, à quelques minutes de la Pointe l'Ecurie est aussi
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 les îlets du Robert