Rivière Pilote

Accueil Remonter

Au début de la colonisation, vers 1635, et après de violents combats entre Français et Caraïbes, la Martinique est séparée en deux : le nord caraïbe pour les colons, la côte atlantique et le sud pour les Amérindiens. C'est ainsi que le chef caraïbe Pilote (ou Pilotte) s'installa près d'une rivière entre l'Anse Figuier et Poirier après avoir cédé ses terres du nord (Case Pilote) aux français. Le lieu et la rivière ont ainsi hérité de son nom. Mais en 1658, malgré le traité de paix, les colons envahissent toute l'île et les Caraïbes survivants doivent au mieux cohabiter avec les vainqueurs. A partir de 1671, les colons s'installent à l'embouchure de la rivière puis progressivement le long de son cours. Peu à peu les habitations sucrières se multiplient. Se trouvant trop éloignés de l'église de Sainte Luce, paroisse de rattachement, les habitants construisent petite chapelle autour de laquelle apparaît un début d'agglomération. Rivière Pilote et Sainte Luce s'affrontent alors pour récupérer l'unique curé de cette vaste paroisse. En effet, à la suite de l'attaque de Sainte Luce par les Anglais en 1693, le père Placide s'était réfugié à Rivière Pilote et avait décidé d'officier dans la chapelle. Le roi doit intervenir pour mettre fin à la querelle en donnant son approbation pour l'établissement d'un curé à Rivière Pilote, décision qui aboutit à la création d'une nouvelle paroisse le 26 février 1705 dédiée à Notre Dame du Bon Secours. En 1753, sa population est estimée à 3205 personnes et en 1837 Rivière Pilote est érigée en commune et compte aujourd'hui environ 12000 Pilotins du sud.

A l'entrée du bourg, un énorme rocher semble monter la garde. Il fait partie des blocs erratiques qui parsèment la région. On l'appelle également Zombi. Première constatation en arrivant : une ville propre et bien entretenue comme on en voit pas toujours en Martinique 
Les habitants de Rivière Pilote ont toujours un un côté frondeur et c'est tout naturellement qu'ils ont élu, le 14 mars 1971, un maire indépendantiste, Alfred Marie Jeanne dit "Chabin", aujourd'hui président du Conseil Régional de la Martinique.
Les rues du bourg ont été rebaptisées en 1984. Les nouvelles plaques jaunes évoquent les résistances passées. En effet Rivière Pilote fut le lieu de plusieurs insurrections comme en mai 1848 et en septembre 1870

L'insurrection du Sud : C'est de Rivière Pilote que partit en 1870, la fameuse "insurrection du Sud", à la suite d'une altercation, en février 1870, entre un blanc, Augier de Maintenon, aide-commissaire de la Marine  et un ouvrier agricole noir Léopold Lubin. Lubin fut, roué de coups de cravache par Augier de Maintenon et son ami Pellet de Lautrec pour ne pas s'être écarté assez tôt pour leur laisser le passage. Sa plainte n'ayant pas été prise en considération par les autorités locales, Lubin décida de se faire justice lui même et rendit la pareille à son agresseur le 25 avril. Emprisonné, il fut condamné, le 19 août, à 5 ans de bagne et 1500 francs de dommages et intérêts pour s'être attaqué à un blanc. Jugée excessive à Paris, la peine fut commuée en 5 ans de prison et Lubin fut libéré après 2 ans. Mais l'injuste condamnation de ce dernier provoqua un soulèvement populaire qui se répandit dans tout le sud de l'île d'autant plus que Codé, gros propriétaire de Rivière Pilote, faisait de la provocation en se vantant d'avoir fait condamner en tant que juré un "nègre qui avait osé porté la main sur un blanc. Des milliers de travailleurs noirs, hommes et femmes, entrèrent dans la lutte. De Rivière-Salée au Vauclin, une cinquantaine d'habitations de békés furent pillées et incendiées. Codé, réfugié au sommet du Morne Vent fut débusqué et exécuté par une troupe d'insurgés, près d'une croix appelée aujourd'hui Croix Codé.  Durement réprimée, cette révolte sanglante se termina par l'envoi de douze des insurgés devant le peloton d'exécution, d'autres furent déportés. Cet événement devait agrandir le fossé entre propriétaires blancs et ouvriers noirs mais aussi avec les mulâtres rejetés par la bourgeoisie blanche.

C'est au marche couvert qu'arrivent fruits et légumes produits dans cette région agricole.
Les églises "Immaculée Conception" au bourg et "St Cœur de Marie ND Grand Retour" au quartier Josseaud font partie, avec celle de "St Louis de Marie-Grignon de Montfort" à Régale, des trois paroisses de la commune. Des enfants de Rivière Pilote sont, eux aussi, morts sur le sol de la métropole entre 1914 et 1918
La rivière Pilote au cours indomptable, a causé et cause encore de nombreux dégâts en débordant de son lit en période d'hivernage (Saison des pluies). 

L'Anse Figuier voit arriver vers 400 après JC, une population saladoïde, les Arawaks qui vivent d'agriculture et de pêche. Vers l'an 1000, elle sera chassée voire décimée par les Caraïbes (Kalinas) de redoutables guerriers pratiquant peut être des rites anthropophagiques. Avec l'arrivée des colons, les Amérindiens sont peu à peu refoulés sur les îles de la Dominique et de Saint Vincent. En 1992, à l'occasion de travaux d'assainissement du marigot de l'Anse Figuier, des vestiges pré colombiens sont mis à jour. Un campagne archéologique permet alors de rassembler plus de 6000 tessons de céramique, du matériel lithique ainsi que 2 fragments d'os fossilisés de gros mammifères. C'est sur ce site que sera créé en 1993, l'Eco musée de Martinique dans le cadre d'une ancienne distillerie restaurée.
L'Eco musée de la Martinique a été inauguré en 1993 par l'AMPATP (Association Martiniquaise de Promotion et de Protection des Arts et Traditions Populaires). Il est devenu musée régional en 1998. Il propose le produit des fouilles archéologiques et de nombreux objets ayant trait à l'histoire de la colonisation de l'île, la période esclavagiste et l'économie martiniquaise.

La distillerie La Mauny

Retour carte Martinique
 La canne à sucre