Musée départemental d'archéologie

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Le musée départemental d'archéologie a été créé en 1970 sous la direction de Mario Mattioni (1922-2007) dans l'ancien bâtiment de l'intendance militaire de Fort de France. C'est un musée d'archéologie précolombienne qui rassemble l'essentiel des objets arawaks et caraïbes retrouvés au cours des fouilles sur les nombreux sites de l'île (Diamant, Vivé, Fonds-Brulé, Paquemar,....) Les donations Petitjean-Roget en 1980 et Mationi en 1982 ont permis de créer une quarantaine de vitrines sur les civilisations précolombiennes de la Martinique. C'est aujourd'hui, l'un des plus riches musées d'archéologie de la Caraïbe qui raconte l'histoire amérindienne de la Martinique depuis environ 4000 avant J.C. jusqu'à 1660 après J.C.
La création en 1972 d'une Direction des Antiquités chargée du contrôle des fouilles entraîne le dépôt d nombreuses pièces au musée. Les sites mis à jour, tels ceux du Diamant et de Vivé sur la commune du Lorrain, laissent entrevoir l'existence de nombreux vestiges précolombiens.

Mario Mattioni sur le site de Vivé

Période pré céramique : Vers 4000 avant notre ère, des groupes humains auraient occupés l'île en établissant des camps semi-nomades dans les forets Ignorants la céramique, ils vivaient de la chasse, la pêche et la cueillette. L'outillage taillé dans des éclats de jaspe, de calcédoine et de bois silicifié serait le seul témoignage de l'existence de cette petite population. Il provient des sites comme Boutbois et Godinot dans la région du Carbet et de l'extrême Sud, l'actuelle savane de Pétrifications. Cette période est illustrée  au musée  par une série d'objet lithiques : galets, pointes, racloirs,... Période arawak :  C'est au début de l'ère chrétienne que des civilisations porteuses de la technique de la céramique apparaissent dans l'île et laissent des témoignages manifestes de leur présence. Ainsi, l'occupation de la Martinique par les Arawaks est attestée entre 100 et 600 après J.C.. On parle alors de culture saladoïde. Venu du Venezuela, ce peuple de la civilisation du manioc amer pratiquait la culture itinérante sur brûlis et produisait le manioc, base de son alimentation. Il savait aussi exploiter l'argile de l'île. Les femmes fabriquaient, selon la technique des colombins, des poteries de glaise rouge, gravées, peintes ou décorées de curieuses figurines anthropomorphes ou zoomorphes, les adornos. la céramique arawak est représentée au musée par des coupes, vases à ouicou (boisson alcoolisée rituelle), des bouteilles, des bols, des brûle-parfums, des disques circulaires ou des platines à manioc. Les poteries de la première période arawak sont souvent décorées de motifs incisés ou gravés avant cuisson de la p^te, inspirés de la morphologie humaine et animale. Vers 400 après J.C., les techniques décoratives changent : la peinture "blanc sur rouge" et le modelage constituent dorénavant les techniques décoratives privilégiées. Période Caraïbe : Aux environs de 800 après J.C., les Kalinas ou Caraïbes venus de la région des Guyanes émigrent vers les petites Antilles. L'implantation du peuple Caraïbe entarine la disparition progressive des populations de langue arawak. On parle alors de culture suazoïde. Les objets conçus par les Caraïbes sont essentiellement utilitaires et réduits semble-t-il à leur seule fonction comme les platines tripodes (trois pieds) dans lesquelles étaient cuites les cassaves de manioc. Le style des objets est dépouillé, grossier mais puissant. Les Caraïbes n'ont pas recours à la peinture pour l'ornementation des poteries. Vers 1200 ou 1300 après J.C., on voit apparaître des objets différents : des poteries aux flancs épais qui présentent des forment lourdes. Les vases deviennent plus sophistiqués. Ils sont décorés de modelages de têtes d'animaux, d'oiseaux marins et de poissons au trait incisé. Les fouilles archéologiques ont montré que les sites dits caraïbes avaient une localisation spécifique, ils prédominaient dans la région côtière sud-est de l'île. A cet endroit s'étend une large barrière de récifs favorables à la pêche et se trouvent des zones de petites mangroves riches en coquillages.

Le musée possède une très belle collection d'"adornos", ces éléments décoratifs anthropomorphes ou zoomorphes rajoutés sur les bords des céramiques arawaks ou caraïbes

Fragment d'anse en terre cuite trouvé au Lorrain (2ème période arawak) Fragment de céramique anthropomorphe  trouvé au Diamant, site de Dizac (2ème période arawak)
Vase caréné à bec verseur (Vivé, 1ère période arawak) Fragment de céramique gravée (site de Dizac, diamant, 2ème période arawak)
Platine à manioc tripode 4 "Brûle-parfum" (1ère période arawak)
Coupelle rectangulaire sur pied (Vivé, 1ère période arawak)
Plat ovale (Vivé, 2ème période arawak) Céramique concave (Précheur, période Caraïbe) Brûle-parfum" (1ère période arawak)
Écuelle anthropomorphe (Site de Dizac, Diamant, 2ème période arawak) Vase à ouicou Vase caréné
Coupelle (site de Vivé, Lorrain, 1ère période arawak) Poterie à anse en étrier Vase caréné (site de Dizac, Diamant, 2ème période arawak)
Vasque (Lorrain, 1ère période arawak) Bol à anses latérales Bol caréné à anses latérales ((Lorrain, période caraïbe)
Vase à ouicou Vase à panse globulaire Bouteille (site de Vivé, Lorrain, 1ère période arawak)
Bol (site de Dizac, Diamant, 2ème période arawak) Bol Cruche
Broyeur de fibres Trigonolithe
Plat (Site de Dizac, Diamant 2ème période arawak) Adorno (Site de Grande Anse, Diamant, 1ère période arawak)
Brûle-parfums (Site de Vivé, 1ère période arawak) Adorno (Site de Vivé, 1ère période arawak) Vase (Site de Vivé, 1ère période arawak)
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