Les Anses d'Arlet

Accueil Remonter

Éloigné des grands axes routiers du sud, ce village de pécheurs est devenu un lieu de vacances recherché pour son calme.  Le village doit son nom au traité conclu au XVIIe siècle par les deux chefs caraïbes, Arlet (orthographié Arlay sur le routier de 1784, la première carte routière de la Martinique) et Pilote, avec le gouverneur Du Parquet. Pilote céda son territoire de l'actuelle région de Case Pilote pour s'installer au sud à Rivière Pilote, tandis qu'Arlet consentit à venir aux Anses. La première chapelle, puis l'église consacrée à Saint Antoine fut incendiée par les Anglais avec le reste du bourg en 1762. Reconstruite grâce à Henry Larcher, elle fut alors consacrée à Saint Henri. Dans cette région isolée, la première école ne fut ouverte qu'en 1831.  Aujourd'hui, l'activité de la commune toujours très peu peuplée se résume à la pêche. Le tourisme qui pourrait profiter ici du climat sec et d'une mer calme, de plages et d'anses où les plaisanciers viennent déjà jeter l'ancre doit être développé en tenant compte des risques de pollution dus à l'étroitesse du littoral et à la fermeture des anses. 

Une rue étroite bordée de maisons en bois à un étage traverse le bourg jusqu'au pied d'un morne. Michel Hayot  fut le premier maire de la grande commune du Sud (1839-1852) qui regroupait les quartiers Anses-d'Arlet, Sainte-Luce (détaché en 1848) et Diamant (séparé en 1862). La commune s'étend sur 2592 hectares et compte environ 3500 habitants, les Arlésiens

Devant l'église toute blanche, un ponton de bois s'avance dans une mer d'huile. Plusieurs fois restaurée, elle possède d'intéressants témoignages de la vie paroissiale. D'abord une exceptionnelle plaque de cuivre gravée en 1767 évoquant les privilèges de son bienfaiteur Henry Larcher. Probablement récupérée dans le premier cimetière attenant à l'église, une stèle de marbre témoigne de la disparition, aussi tragique que mystérieuse pour nous de Madame Naura et de ses quatre enfants en 1841. Dans le chœur, les vitraux originaux du Parisien Tournel datent de 1875 et la table de communion, fut offerte par la famille Hayot également au XIX. siècle. Vers la mairie, le monument aux morts rappelle que les Arlésiens ont eux aussi payé leur tribu pendant la grande guerre.
La plage du bourg et ses eaux transparentes
 En 1744, pendant la guerre de Succession d'Autriche, un navire malouin se fit prendre au piège au fond de l'anse du bourg par cinq vaisseaux britanniques. L'occasion pour les Arlésiens de montrer leur tempérament en repoussant les Anglais du feu de leur unique batterie. Ce combat, raconté sur une carte fameuse illustrée de la même année, est l'un des innombrables accrochages sur cette côte bien défendue par un système de batteries dans le bourg, sur la pointe Burgos et le cap Salomon. Au XVIIIème siècle, les Anses vivaient au rythme de la pêche et du travail de plusieurs habitations. L'habitation sucrerie ou "Sikri" dont on aperçoit l'ancienne maison principale sur les hauteurs à l'entrée du bourg, se rattacha peu à peu par alliances les différentes propriétés du quartier pour en constituer la plus importante entre les mains de la puissante famille Hayot, dont le premier à s'installer aux Anses-d'Arlet avait été Jean-François Hayot, propriétaire caféier à la lin du XVIIIème siècle. 
En provenance du Diamant, la route surplombe la mer en offrant de beaux points de vue comme ici  sur Petite Anse et plus loin sur Grande Anse.
L'Anse noire en direction des Trois Îlets, une plage de sable noir accessible par un escalier d'une centaine de marches A la gauche de l'Anse Noire, l'Anse Dufour, son sable blanc et ses pêcheurs à la senne. Un minuscule village à l'écart des sentiers battus. Ne surtout pas oublier son masque et ses palmes pour admirer la faune marine à quelques mètres du bord.
Retour carte Martinique