Sainte-Marie

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En 1658, les colons français chassèrent les Amérindiens de leur village et  installèrent un fort dédié à la vierge Marie d'où l'origine du nom. En 1696, le Père Labat vint y poursuivre ses travaux au monastère- distillerie de Fonds Saint Jacques. Le passé du bourg fut très mouvementé car de nombreuses fois attaqué par les Anglais. En 1697, les travailleurs de Fonds Saint Jacques conduits par le Père Labat repoussèrent les troupes anglaises du Marquis d'Amblimont qui avaient débarquées à la faveur de la nuit. La vocation tant industrielle qu'agricole de Sainte-Marie s'affirme au cours des siècles avec le développement des plantations et des usines qui enrichirent cette partie de la côte atlantique. A la distillerie Saint James, le musée du rhum raconte l'histoire de la boisson locale. La plus ancienne paroisse du nord est aujourd'hui la quatrième commune de l'île et le centre agricole le plus important du nord de la Martinique. A l'habitation Limbe, le musée de la banane retrace l'histoire de ce fruit, sa culture, sa production et les différentes variétés existant dans le monde.
 Pour rejoindre le bourg, il faut quitter la rocade et descendre vers le bord de mer. La vue depuis l'église. En face émerge l'îlet Sainte-Marie. Vente de poissons au retour de la pêche

Le monument aux morts a été érigé sous l'édilité de Joseph Lagrosillière. Sur deux plaques de bronze se trouve les noms de 71 Samaritains victimes de la Première guerre mondiale.

Vers 1668, une donation de M Laquand permet d'édifier une église dont nous connaissons les dimensions d'origine de 14 m de long sur 8 de large par le lieutenant du roi Gémosat. Le clocher est séparé de l'église pour limiter les conséquences d'effondrement en cas de cyclones.  Devenue trop petite, un nouvel édifice de style baroque est construit entre 1874 et 1891 sur les plans de l'architecte Blin.

Situé à la sortie du bourg, en direction de Marigot, l'ancien pont permettait de franchir la rivière Sainte Marie. Fabriqué en 1858 à Paris pour sa partie métallique, il a été recouvert au XXème siècle d'une charpente et d'un toit aujourd'hui retirés. Un nouveau pont l'a remplacé à la fin des années 60.

L'ancienne demeure du directeur de l'usine Sainte Marie abrite désormais le musée du rhum. L'édifice datant de 1875 comporte une véranda au rez-de-chaussée et un balcon en bois à l'étage.

La plage de Sainte-Marie avec son sable noir a encore trop tendance à servir de dépôt à ordures
L'îlet Sainte Marie en face du bourg peut être rejoint à marée basse en passant par le tombolo, phénomène maritime naturel lié au climat et à l'influence de l'anticyclone des Bermudes
Autour de Sainte-Marie, deux forets aménagées "La Reculée" et "La Philippe", les plages de l'Anse Charpentier et de l'Anse Azerot ainsi que de magnifiques points de vue comme celui sur l'îlet Saint Aubin.
Le pain de sucre
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Le père LABAT au courant d'attaques anglaises organise la surveillance de Sainte Marie, bien lui en a pris ; "On vit seize jours après que ma précaution n'était pas inutile. Le corsaire qui avait fait la descente au Marigot revint, ou pour avoir sa revanche, ou pour avoir des nouvelles des gens qui lui manquaient. Il arriva dans notre anse un peu avant minuit et brouilla ses voiles. Le nègre qui était en faction m'avertit aussitôt; je fis prendre les armes et j'envoyai un petit nègre que j'avais avec moi dire au raffineur de venir promptement avec les autres nègres, mais sans bruit, et en suivant le bord de la rivière. 
Cependant je m'embusquai avec mes gens derrière de grosses roches, au bord de la mer. Je vis qu'il se détacha de la barque un grand canot où il pouvait y avoir vingt-cinq à trente hommes, qui était suivi d'un autre qui me parut plus petit. Lorsque le premier fut à la portée de la voix, je demandai d'où était le canot. Cette demande à laquelle ils ne s'attendaient pas les surprit; on me répondit cependant en bon français qu'ils étaient de la Basse-Terre. Je m'informai de quel vaisseau ils étaient, et ce qu'ils cherchaient; ils me nommèrent un vaisseau qui était parti depuis quelques jours, et qu'ils cherchaient le mouillage de Sainte-Marie qu'ils ne connaissaient pas bien. C'en fut assez pour me convaincre qu'ils étaient ennemis, et pour les payer de la même monnaie je leur dis de venir à terre, et que je leur donnerais quelqu'un pour faire mouiller leur barque. Ils ne me répondirent plus; mais en étant demeurés quelques moments comme à consulter ce qu'ils avaient à faire, ils se mirent à nager tout d'un coup de toutes leurs forces. 
J'avais un nègre auprès de moi qui tirait très bien, je lui dis de tirer sur celui qui gouvernait, afin de faire venir le canot en travers dans les brisants; il tira et ne manqua pas son coup, car je vis tomber l'homme qui était sur l'arrière du canot. Nous tirâmes ensuite l'un après l'autre, et selon les apparences avec succès puisqu'au lieu d'avancer, ils scièrent en arrière. Heureusement pour eux ils n'étaient pas encore engagés dans les grosses lames, car s'ils avaient été quatre ou cinq toises plus près de terre, ils étaient perdus sans ressource. Je fis en cela une très grande faute, et ma précipitation les sauva contre mon intention. Mais la nuit, quoique assez claire, me trompa, et me les faisait paraître plus près qu'ils n'étaient en effet, quand je commençai à faire faire feu.
Nous rechargeâmes au plus vite, et soit que nos coups qui avaient porté les eussent mis en désordre, soit qu'il y eût de la contestation pour avancer ou pour reculer, nous fimes trois décharges avant qu'ils se fussent déterminés. Cependant le raffineur arriva avec le reste des nègres armés, qui furent suivis un moment après de tous les nègres de l'habitation, même des femmes, tous armés de sagaies et de bâtons. Je l'envoyai à un bout de l'anse, où il me semblait que le petit canot avait porté. Il l'y trouva en effet, mais arrêté au-delà des grosses lames; il tira dessus et le fit retirer. Le premier, ayant voulu tenter encore une fois de venir à la charge, reçut notre décharge si à propos qu'il fut obligé de se retirer. Les deux canots se joignirent et se mirent à faire feu sur nous. J'ordonnai aux nègres qui n'étaient pas armés de se mettre ventre à terre pendant que nous répondions de notre mieux à leur coups de fusil. Après sept ou huit décharges de part et d'autre, ils se retirèrent à leur barque et firent servir leurs voiles. Je n'eus qu'un de nos nègres légèrement blessé. A l'égard du corsaire, je su deux ans après qu'il avait cinq blessés et trois morts et que cette perte l'avait entièrement dégoûté de faire des descentes sur nos côtes comme il avait résolu.