L'îlet Sainte Marie

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L'îlet Sainte Marie, relié à la terre ferme par un tombolo, a joue un rôle important dans l'histoire de la ville. Il protège de la houle en période de forte mer et a servi de poste d'observation avec deux canons pendant les guerres contre les Anglais. Jusqu'au années 40, un chemin de fer servait au transport des marchandises entre la ville et l'îlet.  C'est aussi à cet endroit que s'est déroulée l'histoire tragique de Félix Lorne.

Le Tombolo est un mot d'origine italienne qui désigne une flèche de sable construite par la dérive du littoral. Cette construction liée à un phénomène climatique ne peut se faire qu'entre deux points dont la profondeur ne dépasse pas 10 mètres. Cette réalisation est due à l'influence de l'anticyclone des Bermudes. Ce front froid du nord qui demeure sur la région régit le climat de novembre à avril et garantie des journées sans nuages et des nuits fraîches : c'est le carême.  Le déplacement de ce front va engendrer un certain nombre de modifications maritimes et climatiques. L'anticyclone des Bermudes descend sur les Antilles peu de temps après que le soleil soit passé dans l'hémisphère Sud et bénéficie de l'affaiblissement de l'anticyclone des Açores qui contrôlait jusque là le climat régional. Cette masse en se déplaçant va engendrer des courants différents et inhabituels et va créer une mer du vent et les vagues vont se trouver dans un sens oblique par rapport à la plage et la dérive du littoral (transfert de sédiments). Commence la construction du Tombolo. Il convient de noter que Sainte-Marie a été par le passé un lieu où l'on venait ramasser du sable pour d'autres constructions. A partir du mois d'Avril le soleil revenu dans l'hémisphère Nord va favoriser la puissance de l'anticyclone des Açores qui reprendra le dessus sur le climat régional. Le soleil, en chauffant la mer va permettre une évaporation de l'océan et le vent des Alizés va transporter son chapelet de nuages qui apportera de l'eau. La saison des pluies s'installe et la destruction du Tombolo est entamée. Ici est présenté le phénomène dans sa généralité. On ne peut dire de manière rigoureuse le début et la fin exacte de la construction sachant que ce phénomène est lié à la météo, à la force et à la résultante des deux fronts qui vont fluctuer. en permanence.
D'après certains anciens, l'îlet était planté de canne à sucre et était boisé.

3 Mars 1950 :Le destin tragique de Félix LORNE

À 5 heures du matin, tous les élèves sont là pour une formation volontaire d'athlète dirigée par l'instituteur Félix LORNE sur le terrain de football. Après les échauffements d'usage, c'est la leçon de natation au tombolo. Un des élèves n'arrivant pas à sortir de l'eau, Monsieur LORNE intervient et l'aide. Puis un deuxième élève LAGAVILLE est en difficulté, Monsieur LORNE se lance à son secours, il disparaîtra sous les eaux avec lui. Les élèves sont debout sur la plage, confiants. Mais le temps passe et personne ne remonte à la surface. L'espoir fait place à l'inquiétude puis à la panique. Les élèves appellent au secours. Des pêcheurs arrivent, se font expliquer, scrutent l'océan. Ils comprennent la situation : l'eau trouble n'a pas permis au professeur d'opérer efficacement. Des nageurs plongent, mais ils reviennent bredouilles et désemparés. On décide d'utiliser la senne. Le filet est jeté. Rien! Et pourtant LORNE est un maître nageur. Les recherches reprennent le lendemain. On trouve le corps de Luc LAGAVILLE coincé contre un pilotis de la voie ferrée. Le surlendemain, un vol de "malfinis" tournoyant signale la présence de quelque chose derrière l'îlet. Alertées quelques personnes se précipitent sur l'î!et. Du sommet, on découvre le cadavre, que les flots frappent contre les rochers. Plus de cinq mille personnes vinrent des quatre coins de la Martinique pour accompagner Félix LORNE dans sa dernière demeure. C'est ainsi que finissait la vie trop courte de celui qui fut un héros.

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