Saint Joseph

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A 12 km de Fort de France, loin des plages, la N4 mène le voyageur au cœur de la Martinique profonde , à  Saint-Joseph.  Avec sa belle forêt de Rabuchon aux essences rares (châtaigniers grandes feuilles, bois fer, bois l'encens,...) et ses nombreuses rivières (rivière Monsieur, la Jambette, rivière Prospérité, la Lézarde et l'importante rivière Blanche) cette commune est la plus verte et la plus irriguée de l'île. L'histoire de Saint-Joseph est plus que partout ailleurs liée à celle de son église. Avant d'être formée en commune réunissant en 1888 des morceaux détachés du Lamentin, de Fort-de-France et du Gros-Morne, Saint-Joseph était une paroisse créée en 1862, mais dont les origines remontent au XVIIIème siècle. 

Né d'une petite chapelle rurale inachevée  et surnommée Chapelle sans croupion, rassemblant les habitants de cette extrémité du Lamentin, le quartier Chapelle était déjà considéré comme une paroisse au XVIIIème siècle. Un 1841, s'imposa la nécessité d'y construire un ensemble église-école et de là une nouvelle paroisse, Rivière Blanche en 1862. En 1874, l'abbé Eugène Maillard, se trouvant trop à l'étroit dans la chapelle délabrée et condamnée à la fermeture par l'administration, prêcha à ses paroissiens le déplacement de la chapelle à 4 km de là, à l'emplacement actuel de l'église. La mobilisation des paroissiens et la construction de la plus vaste église de a Martinique d'alors et d'une immense statue de Saint Joseph furent la réponse du curé à ses ennemis dont Victor Schœlcher. Ce dernier finit malgré tout par obtenir le départ du religieux. DE par sa longue édification, l'église de Saint Joseph est le résultat final de mariage entre les styles basilical et gothique. Deux tours rectangulaires faisant office de clochers ont été ajoutées par la suite.
Saint Joseph expose sur sa place tranquille un monument aux morts 1914-1919 présentant l'originalité d'un petit obélisque orné de représentations naïves de l'archange Saint-Michel et d'une doudou martiniquaise gravés dans le marbre.
La tour du jubilé date du début du XXème siècle. et est composée de roches volcaniques et de briques. Elle aurait servi de support de croix lors d'un jubilé de l'église catholique. le cyclone de 1903 l'a partiellement détruite. Enfin, la commune doit à la personnalité d'un maire, Émile Maurice (1910-1993), président du conseil général pendant vingt-deux ans (1970-1992), figure respectée de la vie martiniquaise depuis la départementalisation de 1946, un rayonnement qu'elle n'aurait pas forcément acquis par ses seules ressources. 
Les productions agricoles traditionnelles, cannes et surtout bananes, ananas, ont entretenu l'activité de la région spécialisée depuis quelques années dans les cultures florales et vivrières qui approvisionnent directement le marché de Fort-de-France. Cœur Bouliki est une agréable aire de pique nique au milieu d'arbres magnifiques. Son nom aurait été inspiré, selon les anciens, par les "bourriques" jadis parquées là près du gué de la Rivière Blanche. C'est le point de départ du sentier pédestre ONF n° 7 à travers la forêt de Rabuchon (8 km, 3 h). L'eau douce règne à Saint-Joseph dont les deux stations d'épuration alimentent Fort-de-France, le centre et le sud du pays tout entier.
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  Le sentier de Rabuchon