Ruines et monuments de Saint Pierre

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Classée "Ville d'art et d'histoire" en 1982, Saint Pierre et souvent comparée à l'antique citée de Pompéi, elle aussi disparue en quelques heures sous les cendres du Vésuve. La visite des ruines sur lesquelles le nouveau Saint pierre s'est reconstruit n'est pas aisée. D'autant plus que rien n'est mis en valeur, que les panneaux indicateurs sont inexistants ou presque. Le meilleur moyen est de se procurer une carte à l'office du tourisme ou de demander son chemin aux habitants. Mais là aussi, sorti des sentiers battus (théâtre, église du fort, rue Monte au Ciel), la pêche aux renseignements est maigre et certains monuments et lieux autrefois importants semblent aujourd'hui effacés des mémoires populaires. Dommage car Saint Pierre est la ville la plus visitée de Martinique !

Musée volcanologique Franck-Perret : situé à l'emplacement de l'ancienne batterie d'Esnotz, le musée qui domine la mer a été ouvert en 1933 par la volonté d'un amateur américain de volcans, Frank Arnold Perret (voir sa statue par Henri Marie-Rose à l'entrée du bourg) qui s'était engagé à le céder à la ville après sa mort en 1943. Un nouveau bâtiment à l'architecture sans intérêt, a remplacé l'ancien en 1969. Une salle unique présente toutes sortes de vestiges de la catastrophe montrant la brutalité du phénomène: détails de la vie quotidienne arrêtée ce 8 mai 1902 vers 8 h. L'horreur est imprimée dans une collection d'objets très ordinaires portant les marques de la catastrophe et dont les déformations surréalistes frappèrent l'imagination des artistes européens. Picasso et Brassaï étaient sensibles à ces verres fondus et à ces compressions d'objets dont ils possédaient des exemplaires. André Malraux, lors de son passage, s'y arrêta également. Des pièces impressionnantes comme la cloche de la cathédrale aplatie. 

La Calle des Marches. Le mot espagnol calle (rue) est utilisé pour nommer une petite rue en pente raide. qui reliait le quartier du Figuier au quartier du centre depuis le XVII" siècle.
Ruines du Figuier (INV) rue Isambert . Ces petites maisons à un étage accolées à la muraille de la batterie d'Esnotz, abritaient probablement des entrepôts et des magasins actifs de par la commodité du trafic des marchandises à cet endroit du bord de mer. Elles ont été fouillées, nettoyées et présentées au public depuis 1988. Le bas de la rue Bouillé avait réputation d'héberger d'autres trafics, ceux des maisons accueillantes, havre des soldats, marins et hommes de peine qui hantaient le quartier.
Rue Monte au Ciel : Restaurée en 1991, cette ruelle en escalier joint la plate-forme religieuse du quartier de l'église, de la Consolation et du Séminaire collège à l'importante rue Levassor. C'est peut être son élévation naturelle qui a inspiré son joli nom. Mais il se dit aussi que des amoureux en quête de paradis s'y retrouvaient. Dans une autre rue chaude du vieux Saint- Pierre, la rue Saint-Jean-de-Dieu dans le quartier du Centre, on retrouva pétrifiés par la catastrophe des corps enlacés.
Pont sur la Roxelane (INV). Daté de 1766 et dû au frère de la Charité Cléophas, le pont Roche doublait l'antique pont de bois jeté cent ans plus tôt par les Jésuites installés au nord pour desservir leurs paroisses des quartiers sud. Il fut commandé par le gouverneur d'Ennery pour faciliter les transports de la grande halle à la rive droite. Son arche unique qui enjambe la rivière Roxelane où s'activaient les blanchisseuses, devint vite le point de passage obligé des ragots et des commentaires les plus moqueurs. Il résista à l'éruption de 1902 Le cachot de Cyparis et les ruines du théâtre 
L'église du fort : Le site le plus émouvant de la catastrophe, avec ses ruines, ses colonnes jetées en travers de la rue, les fondations noircies, les barils pétrifiés dans le clocher. Une première église de bois existait en 1640, mais elle fut reconstruite en dur vers 1680. Le dominicain Labat ne se priva pas de critiquer l'œuvre architecturale de ses confrères-ennemis jésuites, lorsqu'il décrivit l'église en 1694. La paroisse relevait en effet des jésuites depuis l'arrivée du RP Bouton, premier d'entre eux, jusqu'à leur expulsion en 1764. Son clocher d'une trentaine de mètres de hauteur était séparé du reste de l'édifice comme on le constate dans les plus anciennes églises de la Martinique au Prêcheur et au Marin. Reconstruite en 1895, elle était remplie de fidèles et de premiers communiants lorsque la mort s'abattit en pleine messe de l'Ascension, le 8 mai 1902.

QUARTIER DU FORT PAGE EN TRAVAUX

Le 15 septembre 1635 après plusieurs tentatives, Pierre Belain d'Esnambuc, capitaine général de SaintChristophe s'installe à la Martinique pour le compte de la Compagnie des lies d'Amérique, avec la bénédiction de Richelieu et cent colons choisis dans l'autre colonie parmi les habitants les mieux expérimentés. Il jette les bases d'un fort encore en bois, à l'embouchure de cette rivière qui prendra le nom de Roxelane, de "un de ses plus fidèles compagnons, le Normand Rosselan de Querangouin. Puis, il rembarque pour Saint-Christophe laissant là ses pionniers sous l'autorité de Du Pont. Dès 1640, il Y a très probablement déjà une église du fort. La première construction en pierre sera probablement celle que les Jésuites bâtissent au nord près de la rivière baptisée des Pères.

Non loin de l'église, en face du stade, le cimetière du Fort (INV), le premier de la cité, est aujourd'hui fermé après avoir été trop longtemps livré aux pilleurs de marbre. Plus loin, près de la carrière, dans le prolongement de cette même route jadis bordée d'orangers, on a mis à jour fin 1992 la façade du Château Perrinelle, ex-maison des jésuites, première construction en pierre de la cité. Son style et ses dimensions témoignaient autant du rôle économique et moral qu'avaient pris les jésuites à l'origine de Saint-Pierre que de la puissance du conservatisme colonial représenté par son propriétaire de la fin du XIX. siècle. Et pourtant, ce bastion peut paradoxalement s'enorgueillir d'avoir protégé en 1840 un séjour lourd de conséquences. En effet, Adolphe Perrinelle, convaincu peut-être d'éclairer à sa façon la réflexion de son ancien camarade du lycée Louisle-Grand à Paris, reçut chez lui Victor Schoelcher, guidant les premiers pas de "enquête à la Martinique de l'abolitionniste. Le Château, que ses dimensions autorisaient à abriter jusqu'à plus de trois cents hommes de troupes, n'eut sans doute jamais d'hôte plus explosif que le maigre et solitaire philanthrope qui y consigna ses premières notes. Il y avait pourtant encore de beaux jours à vivre pour "habitation Perrinelle. Mais, gravement endommagée par le cyclone de 1891, la maison, malgré l'épaisseur de ses murs, fut détruite en 1902. Victor Depaz, dont le père en avait été géreur, s'en inspira en 1922 pour reconstruire sur son modèle la maison principale de l'habitation La Montagne. 

A gauche, la Fontaine de l'Espérance (1850) dite aussi fontaine des Jésuites, avec son grand bassin. rectangulaire et ses maçonneries latérales, rappelle 1 l'importance de l'eau à Saint-Pierre. Ce sont les,Dominicains qui installèrent au XVIII. siècle le réseau de fontaines de Saint-Pierre. L'appellation de celle-ci marquée de 1850 dans le quartier des jésuites expulsés en 1763, laisse penser que si elle coulait déjà sous les bons pères, elle ne fut aménagée que longtemps après leur départ. . I I',

En haut de la'rue, dominant la Savane du fort au bord de la Roxelane. Maison coloniale de Santé (INV), Ouvert en 1839, "asile de Saint-Pierre était considéré comme un centre médical d'avant-garde, avec ses

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