Le Prêcheur

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A l'extrême Nord Ouest, le Prêcheur est la dernière commune sur la côte Caraïbe. C'est un village de pêcheurs dont le nom vient d'un rocher aujourd'hui disparu (lors de l'éruption de 1902) qui avait la forme d'un prédicateur en chaire. Dés le XVIIème siècle, le village bénéficia de l'activité de St Pierre et les anglais tentèrent plusieurs fois d'y débarquer notamment à Fonds Canonville en 1694. Érigée en paroisse en 1644, c'est l'une des plus ancienne de la Martinique. Trois personnalités y vécurent :  Du Parquet le premier gouverneur de la colonie, le père Du Tertre premier curé du Prêcheur qui écrivit l'"histoire générale des Antilles" et Françoise d'Aubigné, la marquise de Maintenon qui y vécut de l'age de 3 à 10 ans. Le Prêcheur est aussi connu pour ses nombreuses révoltes d'esclaves qui ont conduit le 22 mai 1848 à l'anticipation de l'abolition de l'Esclavage. Commune depuis 1839, Le Prêcheur qui a compté jusqu'à 4620 habitants avant l'éruption de 1902 n'abrite aujourd'hui que 1837 Prêchotins répartis sur une superficie de 2992 hectares.
La première église du Prêcheur fut érigée en 1640 et a vu officier le révérend Père du Tertre ainsi que le Père Labat.  Du premier édifice, il ne reste plus aujourd'hui qu'un clocher, le plus ancien de la Martinique, doté d'une cloche offerte par Louis XIV en 1712 et classé par les Monuments historiques. Au XVIIème siècle, les difficultés techniques rendaient impossible la construction des clochers en pierre au dessus du chœur des églises. La nouvelle église d'architecture byzantine a été a été construite en 1930 sous l'édilité d'Asthon Tardon. En face de la mairie, reconstruite en1930sont exposées dans une cage, les trois cloches de l'ancienne église détruite en 1902 et qui ont été détachées du clocher moderne en 1935 pour cause de poids. La pus grosse aurait été offerte par Louis XIV en 1712 à la paroisse.
Le Monument du 22 mai inauguré en 2002 est l'œuvre de l'artiste martiniquais Hector Charpentier  La Colonne Tronquée érigée en 1875 à la mémoire de Du Parquet nommé gouverneur des Isles en 1631. Le Monument aux morts est situé sur le bord de la route en face de la place du 22 mai.
Au delà du Prêcheur on peut rejoindre le quartier des Abymes, un hameau de pêcheurs puis l'Anse Belleville. Le phare des Abymes, haut de 23 m a été construit en 1930 sur une coulée de boue du 30 août 1902.  Son éclat se produit toutes les 5 secondes et sa portée est de 18 miles.
Tout près, l'Anse Céron avec sa plage de sable noir avec en face l'îlet La Perle est un site apprécié des plongeurs sous marins.
Ne manquez pas l'Habitation Céron où vous plongerez dans l'histoire et la nature. Vous pourrez savourer, au bord de la rivière, des écrevisses directement pêchées dans des bassins d'élevage. En poussant plus haut jusqu'à  l'Anse Couleuvre vous trouverez le sentier qui rejoint le village de Grand Rivière emprunté autrefois par les chariots et  qui est devenu aujourd'hui une splendide randonnée de 5 à 6 heures de marche. Épatant !!!

La révolte des esclaves du prêcheur, le 22 mai 1848

Le Prêcheur fut aussi le lieu d'événements tragiques à la veille de l'abolition de l'esclavage. Le 20 mai 1848, un géreur de l'habitation Duchamp (aujourd'hui Ste Philomène) , à St Pierre, avait interdit aux esclaves de battre le tambour: l'un d'entre eux, l'esclave Romain, passa outre cette interdiction; il fut conduit à la prison. Cette arrestation provoqua la colère de nombreux esclaves prévenus par le son des cornes de lambis et des tambours. Des groupes armés se formèrent, venant du Prêcheur, du Carbet et des environs de St Pierre. Romain fut libéré. Les esclaves du Prêcheur reprirent le chemin du retour, mais à l'entrée du bourg, ils tombèrent dans une embuscade tendue par un planteur aidé d'une soixantaine de marins. La fusillade fit 25 tués et plus de 50 blessés. Le 22 mai, la nouvelle se répandit à St Pierre. Il y eut alors une émeute, les esclaves mirent le feu à la maison Michaud, où s'étaient réfugié 32 blancs créoles (Békés) qui périrent carbonisés. Le gouverneur Rostoland se rendit dans la ville mais devant la détermination de la foule, il dut, le lendemain, signer le décret qui abolissait l'esclavage à la Martinique

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Anse Céron