Visite de l'Habitation Céron

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Après le repas, rien de tel qu'une promenade à travers les bâtiments de l'habitation et le parc botanique qui l'entoure. L'accès est payant si vous n'avez pas pris votre repas sur place. Un plan est donné au visiteur, le suivre permet de mieux comprendre le processus de fabrication du sucre. Le mieux est de commencer la visite en haut de la rue pavée à gauche de la maison de maître.
La maison de maître ne se visite pas car elle est habitée par les actuels propriétaires.  Au milieu des jardins, deux grands bassins sont disposés de chaque côté de la maison. Ils servent de réservoir pour alimenter deux roues à aube qui font fonctionner l'une le moulin l'autre la gragerie. L'eau jaillit des têtes de lions
C'est dans le moulin que la canne était broyée entre 3 cylindres (rôles) en bois puis en fonte par la suite. Une roue hydraulique faisait tourner le dispositif. Ce travail était, en général, confié aux femmes au nombre de 4. La première recevait et défaisait les paquets de cannes qui venaient d'être récoltées. Deux autres placées de chaque côté des rouleaux faisaient passer deux fois les cannes entre ceux ci pour les écraser et en libérer le jus appelé vesou. La dernière ramassait les résidus de canne appelés bagasse pour les brûler dans le foyer de la sucrerie. C'était un travail dangereux, les esclaves (et ouvriers par la suite), risquant de voir leur bras entraîné et broyé par les rouleaux. Un coupe-coupe était toujours à proximité pour sectionner le membre avant que tout le corps ne soit emporté. 
Le jus de canne ou vesou s'écoule vers la sucrerie dans un canal de pierre taillée : le canal à vesou. L'oxydation rapide du vesou obligeait un nettoyage à la cendre deux fois par jour de tout le circuit d'écoulement. Dans la sucrerie, le vesou est cuit dans 4 chaudières montées : "l'équipage". Le sirop transvasé à la louche de chaudière en chaudière est purifié et battu pour l"aérer, tout au long de la cuisson, puis refroidi dans une 5ème cuve : le refroidissoir". Au 17ème siècle, chaque chaudière avait son foyer indépendant. Une amélioration du système dit "système à l'anglaise" datant du début du 18ème siècle consiste en un seul foyer, un tunnel de chauffage et une cheminée pour le tirage. Le résidu de canne broyée, la "bagasse" sert de combustible. Le cendrier, sous la grille du foyer, permet de récupérer une partie de la cendre pour le nettoyage du canal à vesou.
Du refroisissoir, le sucre est amené dans la purgerie et mis dans des vases coniques, les "formes", percés dans le fond pour laisser s'écouler la "mélasse". Ce bâtiment doit être très aéré pour que le sucre sèche. Il comporte donc de très nombreuses fenêtres. Il est aujourd'hui habité par une colonie de chauve-souris.
C'est dans la gragerie que les racines de manioc sont râpées (gragées) pour donner de la farine. Il faut d'abord laver les racines de manioc de sa terre puis les éplucher dans le bac à laver. Les racines sont râpées sur une grage cylindrique entraînée par une roue à eau. La pulpe est ensuite rassemblée dans de sacs et mouillée puis mise sous presse pendant une quinzaine d'heures. Puis, la pulpe est cuite sur des platines de fonte montées sur des pierres taillées chauffées en dessous par un foyer. On fait des galettes, la "cassave" ou de la farine en la séparant avec une spatule pendant la cuisson. Le suc récupéré à la presse est un amidon qui en séchant donne une farine blanche et fine, la "mouchache", servant à faire une pâtisserie : le gâteau mouchache. 
C'est dans la vinaigrerie que la mélasse récupérée sous les formes est distillée pour donner la guildive, le tafia et le rhum Les anciens ateliers (tonnelier, forgeron, charpentier,...) hébergent une salle d'exposition. Au XVIIème siècle, le roi encourage les artisans à venir exercer dans les îles. Après six années, ils sont réputés maîtres de chef-d'œuvre et peuvent ouvrir une boutique dans toute les villes du royaume excepté Paris pour lequel 10 années de séjour dans les îles sont nécessaires. 
la voie pavée Gouttes de sang Canal d'alimentation en eau
Belles racines Fleur de fruit à pain
Heliconia rostrata
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L'habitat créole