Le Lorrain

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Anciennement le Lorrain s'appelait Grande Anse du nom d'une rivière du lieu.  Les Arawaks sont les premiers habitants de la région comme en attestent des traces de peuplement datant du 1er siècle découvertes sur les sites archéologiques de Vivé près de la rivière Capot et de Fonds Brûlé. Les Caraïbes s'y installent par la suite mais sont obligés d'abandonner l'endroit en 1658, vaincus par les Français quinze ans après l'arrivée de ces derniers. Érigé en paroisse en 1680, une première église est construite en 1743. L'activité de Grande Anse, jardin de forte production agricole où s'activaient de nombreux esclaves lui permit d'atteindre 3 000 habitants en moins d'un siècle. Le Lorrain connaît une évolution économique conforme à celle de la région, la canne à sucre succédant tabac. En 1755, on dénombre huit sucreries et près de 50 000 caféiers. On comte jusqu'à 17 sucreries au XVIIIème siècle.  Le Lorrain devient une commune en 1874. La sanglante répression d'une révolte de gens libres (mulâtres) à Noël 1833 sensibilisa la Martinique entière et contribua à éveiller les idées libérales des jeunes mulâtres. L’image de la richesse agricole du Lorrain, entretenue après 1848 par la venue de travailleurs indiens continua de hanter les esprits jusque sous le  gouvernement de l'amiral Robert entre 1939 et 1943 alors que les villes souffraient des privations causés par le blocus de la Martinique. La commune n'a pas cessé de se dépeupler depuis la départementalisation (plus de 10 000 Lorrinois en 1946, moins de 8 000 aujourd'hui). Le Lorrain est la troisième commune de l'île avec une superficie de 5033 hectares.  
Le bourg s'étend au fond d'une anse creusée par les vagues furieuses de l'Atlantique et limitée par deux pointes Burgaux et Chateaugué. 
Le Lorrain est connu pour le soldat de son monument aux morts de la guerre 1914-1918: un poilu coloré confiant dans son ange gardien, oeuvre qui fait de son anonyme sculpteur l 'émule des maîtres haïtiens de l'art naïf. Le monument actuel refait en 1993 par Louis Reminy s'inspire de l'ancien sans en être une copie très fidèle. L'église Saint Hyacinthe, toute proche, mérite une visite pour le bas relief en bois de Léon Faula (1987), représentation de Saint Hyacinthe, le saint polonais (1185-1257) qui marcha sur les eaux du Dniepr et à qui est consacrée la paroisse. Une peinture néo-classique d'expression très kitch enveloppe les anciens fonts baptismaux, sorte de fontaine champêtre très originale.  De même, la commune conserve précieusement dans la cour de la mairie l'une des Mariannes généreusement dispensées dans les colonies par la mère patrie pour le centenaire de la révolution du 14 juillet 1789, Ces colonnettes de bronze, fondues en série, sont surtout connues par celle d'entre elles, réplique de toutes les autres, qui, les yeux pudiquement baissés, accueillait les bagnards au débarcadère de Saint-Laurent du Maroni en Guyane.
Les sites Arawaks de nord-atlantique eurent une courte vie. Une éruption volcanique les détruisit au cours du IIIeme siècle ap. J.-C. et les recouvrit d'une couche épaisse de matériaux.  Les objets découverts sont exposés au Musée départemental d'archéologie à Fort de France Le sentier pédestre de La Crabière longe la côte atlantique en suivant une ancienne voie ferrée utilisée autrefois pour convoyer la canne à sucre. C'est l'occasion de redécouvrir des ruines oubliées et la forêt du littoral. La banane occupe 50 % des surfaces agraires et a donné au Lorrain le titre de "royaume de la banane". Des expériences  d'aquaculture à Séguineau ou le maintien de la fabrication la plus traditionnelle de sirop de batterie, par la famille Jouan au quartier Morne Bois, ne suffisent pas à réactiver une région à l'écart des structures économiques et des courants touristiques.

De nombreuses rivières traversent le territoire parmi lesquelles Rivière Grande Anse, la rivière Capot à l'Ouest et la rivière Le Lorrain à l'Est.

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