Case Pilote

Accueil Remonter

Cette commune tiendrait son nom du chef caraïbe surnommé Pilote, qui accueillit les Français avec beaucoup d'égards et qui permit, avec son frère Arlet, l'installation des Jésuites à Rivière Pilote. Certains pensent plus simplement que l'origine du nom de la paroisse viendrait de la présence du pilote qui guidait les bateaux pour entrer au carénage (Fort-de-France). Case Pilote fut l'un des plus anciens quartiers colonisés de l'île. Ces terres avaient été données en concession à l'un des lieutenants de d'Esnambuc nommé Lestiboudois de la Vallée. Dès 1645, sur insistance du R.P. Bouton une paroisse y fut créée avec une église dédiée à la très Sainte Vierge, la plus ancienne de l'île. La bourgade fut très tôt importante et comptait déjà 777 habitants dont 444 esclaves en 1660. Protégée par une batterie et équipée d'un poids du roi pour mesurer et taxer les récoltes de tabac, elle s'étendait sur un immense territoire lorsqu'elle fut érigée en commune en 1837.  Aujourd'hui, le village associe des maisons créoles traditionnelles et des maisons plus modernes.  Il compte environ 4500 Pilotins du Nord répartis sur une superficie de 3182 hectares. Cinq rivières arrosent son territoire : la rivière Fond Bellemare, la rivière de Fond Bourlet, le marigot Maqui, la rivière de Case Pilote et la rivière de Fond Boucher
L'église actuelle, ND de l'Assomption, classée monument historique depuis 1979, a été construite sur l'emplacement du premier édifice de 1640. De style baroque, environnée de tombes anciennes, dont celle du député maire de Fort-de-France Victor Sévère, elle possède une très belle charpente en forme de carène de navire. Le clocher a été restauré en 1990 comporte 3 cloches nommées Louise, Joséphine et Caroline.   Sur la porte d'entrée, une coquille Saint-Jacques rappelle que l'église a été rebâtie par les pères dominicains après sa destruction en 1762. 

La voute au dessus de l'autel est agrémentée de rinceaux et d'arabesques bleues sur fond beige (réalisée par H Deymier en 1863). Le bénitier est en marbre et l'autel du chœur en marbre blanc rehaussé de motifs de cuivre doré. Le sol est en marbre blanc et noir. Autour de l'autel, le carrelage vient de Viviers dans l'Ardèche. On y découvre des carreaux en terre cuite témoignage de l'ancien sol.

L'église abrite un tableau de grande valeur datant de la fin du XVIIème siècle et représentant La Sainte Famille En face de l'église, la place Saint-Just Orville créée autour du monument aux morts occupe l'emplacement d'un cimetière d'esclaves du XVIIème siècle La place Gaston Monnerville avec la mairie, le marché et la fontaine Pierre Monnerville peinte de couleurs vives, offerte par ce maire à la fin du XIX" siècle.
Au détour d'une rue, la "Kaz a mirak" (case à miracles) siège d'un parti politique pilotin. A la façon des antiques cités coloniales, les ruelles perpendiculaires, agencées autour d'une place centrale, se croisent en bord de mer. On y trouve encore d'anciennes maisons au soubassement en dur et aux façades en bois parfois recouvertes en essentes.
Case Pilote est un village de pêcheurs. Yoles et gommiers attendent sur la plage
Partie du bord de mer, la commune s'étale aujourd'hui jusqu'aux mornes qui la surplombent. Case Pilote prend de plus en plus le visage d'une grande banlieue nord-foyalaise. 
Le long des falaises, les sites de Vétiver, Trou Rouge, Cap Enragé et Fond Boucher sont bien connus des plongeurs sous-marins Le Morne Rose est le point culminant de la commune avec 636 m
Un peu d'histoire : Comme sur toute la côte caraïbe, de violents affrontements se déroulèrent à Case Pilote. Le 16 janvier 1762, les anglais brûlèrent entièrement le bourg, seule l'église fut sauvée. Le 17 juin 1793, soutenant les royalistes, les Anglais débarquèrent sur la côte où ils furent repoussés par les républicains commandés par Rochambeau.  En 1847,  neuf esclaves, surpris en train d'embarquer pour l'île de Sainte Lucie où l'esclavage était aboli depuis 1833, furent fouettés publiquement et emprisonnés.
Case Pilote fut le théâtre d'une affaire criminelle et politique jamais officiellement élucidée: l'assassinat d'André Aliker, journaliste communiste de Justice , agessé par trois hommes sur la place de la Savane à fort de France et dont la mer rejeta le cadavre ligoté sur la plage de Fonds Bourlet le 12 janvier 1934.  Case Pilote fut également le berceau de deux maires foyalais. L'un, Antoine Siger (1849-1908),  fut assassiné en pleine mairie le 29 avril 1908. Le second, le député Victor Sévère (1867-1957) est maire de Fort de France pendant 35 ans (entre 1900 et 1945). Il est appelé "père des sinistrés après la catastrophe de 1902.
Gaston Monerville (1897-1991) dont la famille est originaire de Case Pilote vécu en Guyane où avocat, il plaida la célèbre affaire Jean Galmot. Député de la Guyane et sénateur, il s'opposa en tant que président du Sénat au Général de Gaule. Membre du Conseil constitutionnel en 1974, il décède en 1991 à Paris Xavier Orville (1932-2001) est né à Case Pilote le 3 janvier 1932. Professeur agrégé d'espagnol, il devint conseiller culturel de Sédar Senghor et Abdou Diouf. Ecrivain, il décède le 19 août 2001
Retour carte Martinique