Habitation Anse-Latouche

Accueil Remonter

Fondée avant 1643, l'Habitation Anse-Latouche est probablement la plus ancienne plantation de la Martinique. Elle appartenait à Guillaune Dorange. Samuel de La Touche en épousant la fille de ce dernier donna son nom à l'habitation. Nichée au fond d'une vallée, sur une terre volcanique traversée par une rivière et à même la côte sous le vent, toutes les conditions étaient réunies pour assurer au domaine sa prospérité. A la fin du XVIIème siècle, Monsieur Blancherau en rachetant 300 hectares à plusieurs petits propriétaires en fit l'une des plus grandes exploitation de l'île. La résidence principale et les installations agro-industrielles étaient situées dans cette petite vallées dont les eaux de la rivière Latouche actionnaient le moulin à sucre, alors que les terres cultivées se trouvaient sur les hauteurs environnantes. Pendant plus de deux siècles et demi, les activités de l'habitation furent nombreuses et variées: cacao, tabac, indigo, farine de manioc, sucre et rhum. Il y avait également une forge te une poterie. Habitée pendant un temps par le gouverneur de la Martinique, elle fut en 1717, le théâtre du dénouement de la révolte du Galoué. C'est là que les émissaires du Régent, faits prisonniers à l'Habitation O'Mullane au Diamant, furent embarqués de force, sur le Gédéon en partance pour la France, par les colons mécontents. Le 8 mai 1902, la plantation fut détruite par l'éruption de la Montagne Pelée qui anéantit également Saint-Pierre et ses 30 000 habitants. La plus grande partie des bâtiments fut détruite mais les vestiges sont nombreux et témoignent de l'une des plus importante et des plus complètes habitations du XVIIème siècle.
Habitation Anse Latouche
97221 Le Carbet
05 96 78 19 19
Ouvert tous les jours Entrée payante

A voir !!

Réhabilitée par Jean Philippe Thoze, elle offre aujourd'hui l'occasion de découvrir la vie d'une habitation du XVIIème siècle. A voir aussi une magnifique collection de cactus 
La maison de maître existait déjàsur le plan datant de1720. De style colonial, elle était construite sur 2 niveaux.

Au centre du jardin à la française, un jet d'eau porte en son centre la date de 1743

La rivière Latouche qui traverse le domaine

De l'autre côté de la rivière, à flanc de morne, se trouvait le quartier des esclaves avec ses vingt quatre cases: la rue case nègres. 

La sucrerie a fonctionné du XVIIème au XXème siècle. Elle était équipée d'un moulin à eau avec roue à aubes de grande taille. Les origines très diverses de l'équipement industriel témoignent des transformations successives du site. Une distillerie est installée à la fin du XIXème siècle avec sa machine à vapeur, probablement d'origine anglaise, en complément du moulin hydraulique.  La chaleur dégagée par la combustion de la bagasse chauffait l'eau contenue dans la chaudière qui se transformait en vapeur et sortait par le dôme au dessus. La cheminée carrée est de type industriel. 
Pendant près de deux siècles et demi, les activités de l'habitation furent nombreuses et variées : cacao, tabac, sucre, rhum, indigo et farine de manioc.
A proximité de la distillerie, se trouvent les piliers de la coulisse à canne, sorte de toboggan qui permettait de faire glisser les cannes cultivées sur les hauteurs, directement au moulin
L'indigo est un colorant naturel bleu foncé servant à teindre les toiles et les étoffes. Il était utilisé surtout pour différencier les vêtements des esclaves (teints) de ceux des colons. L'indigoterie de l'habitation Latouche est composée de trois cuves les unes au dessus des autres en cascade. Le premier bassin, le plus grand et le plus haut, est appelé "Pourriture ou tremploir". Il servait à la fermentation des feuilles et des écorces de la plante en décomposition. Le deuxième bassin  nommé "batterie" servait à récupérer les eaux de la première cuve après fermentation. On agitait et battait le "fumier" d'indigo afin d'obtenir les grains de fécule. Le dernier bassin, le plus petit, appelé "diablotin ou reposoir"  recevait la fécule pour qu'elle s'égoutte et se solidifie avant d'être mise en sac. Les sacs étaient suspendus sur des poteaux afin de parfaire l'égouttage. La fécule était enfin mise à sécher au soleil dans des caisses en chêne.

Ouvrage de type Vauban, la digue, longue d'une dizaine de mètres et haute de 7à 8 mètres coupe le fond de la vallée. Elle porte la date de 1716 et assurait la retenue d'eau indispensable à la marche de la sucrerie et à la vie de l'habitation. L'eau était conduite jusqu'à la roue hydraulique par l'intermédiaire d'un aqueduc long  d'une centaine de mètres.

Retour carte Martinique
  Visite du domaine et de sa collection de plantes