Le Carbet

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Le bourg du Carbet tient son nom d'un mot caraïbe désignant la plus grande case du village où les hommes avaient l'habitude de se réunir pour prendre les repas et discuter interminablement . C'est ici que Colomb aurait touché terre, le 15 juin 1502, lors de son quatrième voyage, ce que rappelle une stèle à l'entrée du bourg. En 1635, Belain d'Esnambuc y établit sa première résidence, avant de  s'installer à St Pierre,  faisant du Carbet l'un des points de départ de la colonisation de l'île et l'une des premières paroisses. En 1636, Du Parquet, nommé gouverneur, fit bâtir la première maison en brique, près de la rivière du Carbet. Deux siècles plus tard, le Carbet fut le siège de plusieurs révoltes d'esclaves pour leur liberté. La nuit du 12 au 13 octobre 1822, plusieurs centaines d'entre eux incendièrent des habitations de Blancs créoles et en massacrèrent quelques uns. La répression fut brutale, on arrêta et on pendit les meneurs. En 1848, au mois de mai, des esclaves soutinrent encore la révolte de ceux de Saint-Pierre. 
La place Jules Grévy avec la mairie, la fontaine  (1864) et le monument aux morts.

L'église Saint Jacques : L'église du Carbet, classée monument historique, est l'une des plus anciennes de l'île. Elle a remplacé la chapelle consacrée à Saint Jacques élevée vers 1645. Épargnée comme le bourg par la nuée ardente de l'éruption de 1902, elle a conservé sa façade d'inspiration baroque du XVIIIème siècle. Alors que la plupart des églises de la Martinique sont bâties selon un plan en croix latine, celle-ci a été construite suivant un plan basilical romain et comporte une voûte lambrissée ainsi qu'une abside en cul-de-four. Les colonnes carrelées sont en bois peint. Elle contient une relique de l'apôtre Saint Jacques le Majeur. Toutefois, elle tient son nom du gouverneur jacques Du Parquet.

Dans le cimetière situé en face, on trouve, parmi les tombes les plus anciennes, celle dite de "la dame espagnole" ornée d'une statue blanche. Là serait enterrée une riche victime naufragée, dame Caffiolo, dont le corps fut retrouvé sur la plage du village avec ceux de ses trois enfants, à la suite du cyclone de 1891. L'épitaphe en espagnol est aujourd'hui partiellement effacé.

Fondée au début du XXème siècle par l'ingénieur de l'école Centrale Jacques Bally, la distillerie du même nom, a cessé son activité dans les années 1970. Le rhum Bally est aujourd'hui fabriqué à Sainte Marie. La maison date, elle, de 1776 et a été construite par le baron Lajus qui a donné son nom au quartier. Les familles Decasse, Gaunier, de Gage et Bally en furent successivement les propriétaires.
La galerie d'Histoire et de la Mer : L'ancien marché du bourg abrite aujourd'hui une exposition permanente qui retrace l'histoire du Nord Caraïbe depuis l'époque amérindienne jusqu'à nos jours grâce à des panneaux explicatifs. La galerie présente également les techniques de pêche locale. Sont ainsi exposés des ustensiles liés aux traditions de pêche des Caraïbes, dont certaines sont encore présentes dans la vie quotidienne des Martiniquais.
Place Jules Grevy
05 96 78 02 72
Fermé Sam, Dim
A l'entrée du village , un superbe fromager se dresse près de la falaise. Une grande cheminée et un ancien bâtiment qui abrite la caserne des pompiers sont les seuls vestiges de la distillerie Dariste. La distillerie Neisson produit un rhum blanc agricole souvent primé dans les concours.
Le polissoir du Carbet : C'est une roche abrasive utilisée pour le polissage d'objets en pierre.  La roche porte des traces laissées par le frottement des pierres. Elles sont différentes selon le travail qui a été effectué. C'est la répétition des gestes qui a la longue crée les traces creusées sur le rocher. Le bloc du Carbet porte de stigmates d'utilisation de deux types : en forme de cuvettes circulaires et en forme de fuseaux longs et étroits. Les sites de polissoir rares en Martinique, se trouvent systématiquement au bord de la mer ou d'un cours d'eau, l'eau et le sable étant indispensable comme abrasif. IL est impossible en l'état actuel des connaissances de dater précisément ce polissoir en l'absence d'autres vestiges directement associés. Il appartient à l'une des cultures amérindiennes qui se sont succédées jusqu'à l'arrivée des premiers européens.
A l'entrée du bourg la route est bordée de petites cases traditionnelles aux couleurs variées. Derrière les bâtiments, des cours donnent sur la mer. La cuisine est en général à l'extérieur.
Passoubia au panache blanc Fleur rouge du Tulipier du Gabon La maison Balthazar (XXème siècle)
Le Carbet offre de belles plages de sable gris (Montagne Pelée oblige) depuis le lieu dit Le Coin jusqu'à l'Anse Turin au bord  desquelles se sont installés restaurants créoles et un hôtel de vacances
La rivière du Carbet traverse le bourg avant de se jeter dans la mer des Caraïbes. On peut y voir parfois des pêcheurs jetant leur filet dans les eaux fraîches pour y emprisonner quelques menus fretins. 
L'anse Turin rendue célèbre par le séjour qu'y fit Paul Gauguin en 1887.  Un chemin sur la droite conduit au musée Gauguin, quelque peu décevant.

A la sortie du Carbet vers Saint Pierre, juste avant le trou Caraïbe, la falaise qui surplombe la plage de l'anse Turin est criblée de trous parfaitement circulaires. Il s'agit de centaines d'impacts de boulets de canon, tirés depuis le large par les navires anglais au début du XIXème siècle. Les habitants de Saint Pierre qui recevaient régulièrement, la nuit,  la visite de la marine britannique prête à reconquérir la Martinique avaient cette fois là imaginé un stratagème pour détourner le tir de l'ennemi de toujours. Des lampes à pétrole avaient été disposées sur la falaise à l'écart de la ville qui faisaient croire aux lumières de la cité.

Le trou Caraïbe : A l'époque, les relations  par voie terrestre avec St Pierre n'étaient pas aisées car un énorme rocher abrupt formait un obstacle sur le chemin côtier. Il fallait faire soit un détour de 7 km, soit passer par la mer. Un trou fut peu à peu agrandi et transformé plus tard en tunnel, sous lequel on passe encore aujourd'hui.

A proximité, on peut visiter le Musée Gauguin et l'Habitation Latouche, une des habitations sucreries modèles du XVIIème siècle, reproduites en maquette au musée de la Canne  des Trois Îlets . Autre vestige remarquable, le Canal de Beauregard ou canal des Esclaves construit vers 1775 qui offre un cadre de randonnée original si on ne craint pas le vertige.

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Canal de Beauregard