Basse Pointe

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Basse Pointe est la commune la plus importante du Nord de la Martinique. Elle tient son nom de la partie la plus basse de son littoral. C'est la ville natale d'Aimé Césaire (1913-2008), poète,  ancien maire de Fort de France et chantre de la négritude et du Dr Hippolyte Morestin (1869-1919), chirurgien  célèbre pour avoir réparé les "gueules cassées" de la guerre 1914-1918 . La  vocation de Basse Pointe est essentiellement agricole. Sa région fut l'une des plus convoitée par les colons qui en chassèrent les Caraïbes  pour la richesse de sa terre. Dès 1680, l'agglomération comptait 300 habitants, puis 2600 en 1732. Actuellement, sa population est d'environ 4400 personnes. On cultivait dans la plaine, ou plutôt le plateau qui entoure le bourg, du tabac, du café, du cacao et de la canne à sucre. Aujourd'hui, ces cultures tropicales ont disparu au profit des ananas et de la banane. Au lendemain de l'abolition de l'esclavage, on fit venir des travailleurs indiens ou coolies qui se fixèrent en majorité à Basse Pointe et Macouba. Pendant longtemps, ils furent maintenus à l'écart de la communauté d'origine africaine.
L'église est dédiée à Saint Jean Baptiste. Elle a été érigée en 1934 en remplacement de l'ancienne église devenue trop petite et dont les seuls éléments de l'église du XVIIème siècle sont des vestiges du chœur et un mur . Une plaque indique que le 26 décembre 1934 eut lieu la bénédictin de l'église, reconstruite à l'initiative du père Henri de la Brunelière. On peut y voir la "cloche du Loup-garou" trouvée par hasard par un groupe de plongeurs, reposant par 20 m de fond près de l'îlet du Loup-garou au Robert. D'après les inscriptions qui figurent dessus, elle avait été commandée  vers 1687 par François Charlton pour l'église de l'époque. Elle a finalement regagné sa destination finale en juillet 2005.

L'Océan Atlantique est souvent violent et les vagues balayent en permanence les plages de sable noir et les falaises abruptes.

Le cimetière en bord de mer Le bourg Le port de pêche
Le nouvel hôtel de ville en haut et l'ancienne mairie, en bas, devenue le Centre culturel Joseph Zéphir Buste de Victor Schœlcher (1940-1950 cour de l'ancienne mairie) : "Nulle terre française ne peut porter d'ESCLAVE" La plaque en l'honneur des morts de la première guerre modiale. Les noms de 34 Pointois y figurent.
Région humide, Basse Pointe se consacre à l'agriculture avec de grandes étendues de bananiers et d'ananas. De nombreux "Chapés coolies" habitent la région. Ils s'agit des descendants métissés des Indiens (Coolies) amenés pour remplacer les noirs après l'abolition de l'esclavage depuis le comptoir de Pondichéry principalement. Dès 1853, soit cinq années après l'abolition, on dénombrait plus de 25 000 travailleurs indiens. Leurs conditions de vie et de travail ressemblaient beaucoup à celles des anciens esclaves et ils étaient méprisés par tous y compris des gens de couleur. Aujourd'hui, ils sont parfaitement intégrés à la société Martiniquaise et leur apport en matière culturelle, culinaires et autres sont nombreux.  Le colombo, plat d'origine Tamoul est devenu le plat national des Antilles françaises. Si la grande majorité a adopté la religion catholique, le culte des ancêtres est toujours pratiqué dans de petits temples. Des cérémonies traditionnelles (bondié coolie), avec danses, offrandes et sacrifices d'animaux sont organisées pour fêter les dieux et notamment la déesse Mariamman et le gardien du temple Maroudaï Viran. Deux temples hindous sont visibles sur les habitations Gradis (dans le bourg, suivre le chemin derrière le marché) et Moulin l'Etang (à l'entrée du bourg, en face de l'habitation).
Basse Pointe a été tragiquement secoué par les conflits sociaux du XXème siècle dont le pire reste celui de la grève de février 1974 sur l'Habitation Chalvet lors de laquelle deux ouvriers ont trouvé la mort . Le chanteur Kolo Barst évoque cette douloureuse page d'histoire dans l'une de ses chansons. Aujourd'hui, quelques grandes habitations témoignent encore de la prospérité passée :
L'Habitation Gradis a appartenu au XVIIème siècle à la famille Prunes puis a été saisie par la riche famille bordelaise de négociants en sucre, les Gradis, en paiement d'une dette. Le bourg de Basse Pointe fut, semble t'il construit sur les terres de cette habitation La plantation Leyritz du XVIIème siècle sur 8 hectares, transformée en hôtel restaurant. La maison de maître habitée par Michel Leyritz dès 1713 a été agrandie en 1828 et 1836. Son style est celui des maisons bordelaises. Son toit à la Mansart exceptionnel à la Martinique. L'Habitation Pécoul, construite vers 1760, classée monument historique en 1981. La maison de maître s'inspire du style de la région bordelaise. Elle est couverte de tuiles écailles pour la partie supérieure et de tuiles canal pour la partie inférieure.

La maison natale d'Aimée Césaire  "Au bout du petit matin, une autre petite maison qui sent très mauvais dans une rue très étroite, une maison minuscule qui abrite en ses entrailles de bois pourri des dizaines de rats et la turbulence de mes six frères et sœurs, une petite maison cruelle dont l'intransigeance affole nos fins de mois et mon père fantasque grignoté d'une seule misère, je n'ai jamais su laquelle, qu'une imprévisible sorcellerie assoupit en mélancolique tendresse ou exalte en hautes flammes de colère" (A césaire, Cahier d'un retour au pays natal, Présence africaine, 1983). Cette maison sur l'Habitation Eyma, près du Morne Balai qui a vu naître Aimé Césaire le 26 juin 1913,  a aujourd'hui disparue.

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